«Conséquences»: Comment ce film slovène s'attaque à l'homophobie en Europe de l'Est

LGBT Darko Štante, réalisateur de «Conséquences» (en salle le 26 juin), décrit la vie d'un jeune délinquant tenté par l'homosexualité dans un camp de redressement en Slovénie

Caroline Vié

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Matej Zemjic dans «Conséquences» de Darko Štante
Matej Zemjic dans «Conséquences» de Darko Štante — Epicentre Films
  • « Conséquences » suit le parcours d’un délinquant slovène qui découvre son homosexualité dans un camp de redressement.
  • Le réalisateur Darko Štante s’est inspiré de son expérience d’éducateur pour écrire ce film.
  • Il dénonce l’homophobie au travers des portraits de jeunes gens en perte de repères.

C’est une plongée très rude dans un centre de redressement pour adolescents que propose Darko Štante dans Conséquences. Le cinéaste slovène suit le parcours d’un délinquant, incarné par l’excellent Matej Zemjic, quand ce dernier prend conscience de son homosexualité auprès d’un camarade aussi violent que séduisant.

Le réalisateur de ce premier film a été éducateur dans l’un de ces centres de redressement. Et il s’est basé sur sa propre expérience pour écrire le film. « Les autres employés avaient un problème avec l’homosexualité qu’ils considéraient comme une phase provisoire chez les garçons du centre », explique-t-il à 20 Minutes.

Pas facile d’être gay en Slovénie

Le jeune homme se retrouve plongé dans un monde de violence où son orientation sexuelle apparaît comme un souci tant pour ses codétenus que pour les adultes qui sont chargés de les cornaquer. « En Slovénie, les droits de la communauté LGBT évoluent lentement, insiste Darko Štante. Il y a encore beaucoup à faire, bien que j’estime que nous sommes plus progressistes dans ce domaine que bien des pays d’Europe de l’Est. » Conséquences montre bien que la lutte n’est pas terminée pour que chacun puisse vivre librement sa sexualité.

Prouver sa virilité

Cela se voit d’autant plus dans le monde très codé du centre où chacun doit prouver sa virilité à grand renfort de rackets et autres actes de violence. Parmi les détenus, le leader du centre, délinquant charismatique, peine à s’avouer qu’il est lui-même gay. « On attend de lui une certaine façon de se comporter et d’agir, explique le réalisateur. Quand, soudain, il ressent une attirance pour un autre garçon, il ne comprend pas ce qui lui arrive. » La passion que ce garçon ressent pour le héros culmine en une belle scène de sexe, mais il leur est impossible de s’aimer même lorsqu’ils passent des week-ends en dehors du centre.

Une ode à la tolérance

« Peu importent nos origines, nous partageons tous un désir de lien et d’amour, martèle le réalisateur. Le sujet de mon film n’est pas l’institution, mais la quête d’identité dans ce monde ». En enfermant le spectateur avec ses jeunes en perte de repère, c’est le tableau d’une société tout entière que brosse Darko Štante. Avec, en filigrane, l’espoir d’ouvrir les esprits et de faire reculer l’homophobie, dans les pays de l’Est comme ailleurs.