Jeff Goldblum dans «The Mountain: Une odyssée américaine» de Rick Alverson
Jeff Goldblum dans «The Mountain: Une odyssée américaine» de Rick Alverson — Stray Dogs

CAS PSYCHIATRIQUE

«The Mountain»: Jeff Goldblum adepte de la lobotomie au pic à glace

Jeff Goldblum raconte à « 20 Minutes » comme il s’est laissé emporter par son rôle de neurologue dans « The Mountain » en salle le 26 juin

  • Dans « The Mountain : Une odyssée américaine », Jeff Goldblum incarne un praticien inspiré d’un pionnier de la neurologie, Walter Freeman.
  • L'acteur s’est beaucoup documenté sur cet adepte de la lobotomie, trouvant ce personnage très destabilisant.

Jeff Goldblum incarne un neurologue aussi fou que ses patients dans The Mountain, une odyssée américaine de Rick Alverson. Le comédien fascine dans son rôle de fervent défenseur de la lobotomie librement inspiré du médecin Walter Freeman (1895-1972). « Sa pratique de la lobotomie avec un pic à glace est sans doute la raison pour laquelle on se souvient de lui », explique à 20 Minutes  Jeff Goldblum, de passage à Paris comme invité d’honneur du Champs-Elysées Film Festival.

Et on plaint le photographe (Tye Sheridan) chargé par le médecin d’immortaliser ses expériences. « Cela paraît dingue aujourd’hui, mais Sherman était très fier de ses méthodes, explique Jeff Goldblum. Il avait vraiment l’impression d’aider ses patients en les calmant même si leur faisait perdre définitivement l’esprit. » Goldblum rend son personnage inquiétant par son enthousiasme d’illuminé face à un traitement pour le moins discutable consistant à sectionner des fibres nerveuses à l’intérieur du cerveau du patient.

Déraisonnable dans sa vie privée

« Je me suis beaucoup documenté sur Walter Freeman, précise l’acteur. Puis j’ai essayé de comprendre comment il pouvait être à ce point sûr de lui. » Déraisonnable dans sa vie privée, où il apparaît de plus en plus fragile, le médecin ne montre plus aucun doute quand il pratique ses opérations. « Ce psychiatre me fait penser à certains hommes politiques actuels par sa façon de vouloir décérébrer ses patients, insiste Jeff Goldblum. » Après avoir soigné de véritables malades mentaux, il a étendu son travail à ceux qui étaient considérés comme des marginaux dans l’Amérique des années 1950.

Un personnage déstabilisant

« Créer un personnage comme celui-ci est déstabilisant, raconte Jeff Goldblum, et cela d’autant plus que la structure atypique du film donne l’impression de plonger dans sa psyché. » La rencontre du médecin avec un guérisseur français incarné par Denis Lavant déstabilise encore davantage le spectateur. « Nos deux folies douces se sont complétées, précise Jeff Goldblum. Denis Lavant et moi avons accepté de lâcher prise pour composer nos personnages. » The Mountain doit beaucoup à ses acteurs qui rendent indulgents pour sa construction un brin foutraque.