«Buñuel après L'âge d'or»: Le cinéaste s'anime et ses premiers films reprennent vie

ANIMATION Le réalisateur espagnol Salvador Simo rend hommage à l'un de ses maîtres dans un film, « Buñuel après L’âge d’or » qui sort le 19 juin, récompensé deux fois à Annecy

Caroline Vié

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«Buñuel après L'âge d'or» de Salvador Simo
«Buñuel après L'âge d'or» de Salvador Simo — Eurozoom
  • « Buñuel après L’âge d’or » revient, par le biais du cinéma d’animation, sur la période où le cinéaste espagnol Luis Buñuel, ruiné, a failli renoncer à sa carrière.
  • Ce beau film, doublement récompensé à Annecy, rend un hommage vibrant au réalisateur.
  • Il n’est cependant pas indispensable de connaître son œuvre pour apprécier cette ode à l'amitié et à la liberté créatrice.

Du Festival d'Annecy, le réalisateur espagnol Salvador Simo est revenu avec deux prix (une mention du Jury et le prix de la meilleure musique) pour son film  Buñuel après L'âge d'or, hommage vibrant et animé à un grand maître du cinéma disparu en 1983.

Ce biopic animé fait partager le moment où Luis Buñuel, ruiné par la sortie de L'Age d'or , cosigné en 1930 avec Salvador Dalí, a failli renoncer à sa carrière avant d’être tiré d’affaires par l’argent d’un billet de loterie gagné par son ami le sculpteur Ramon Acin. « Leur relation redonne confiance en l’être humain, explique Salvador Simo à 20 Minutes. Acin avait promis à Buñuel de lui donner l’argent s’il gagnait et il a tenu parole. » Au fil des années, le réalisateur renfloué signera des films inoubliables comme Viridiana ou Belle de jour.

Pas besoin de connaître Buñuel

Salvador Simo signe un film d’une incroyable beauté visuelle et riche en émotions. Il n’est pas indispensable de connaître la filmographie de Luis Buñuel pour l’apprécier. « Cette histoire d’amitié entre des artistes dépasse la cinéphilie, précise le réalisateur. Tout le monde peut comprendre ce qui motive les personnages. » Et comment Luis Buñuel passe du délire surréaliste de L’Age d’or au documentaire social en réalisantTerre sans pain (1932) qui redore son blason. La critique sociale et le surréalisme resteront à jamais comme les composantes favorites du réalisateur de Los Olvidados et de Cet obscur objet du désir .

Adoubé par Buñuel lui-même

« Buñuel après L’âge d’or montre à quel point il est important pour un artiste de ne pas chercher à plaire à tout le monde, insiste Salvador Simo. C’est à cette absence de compromis qu’on reconnaît les grands créateurs. » Les proches du cinéaste ont apporté leur témoignage et leur approbation à sa vision. Et Buñuel lui-même, pourtant décédé en 1983, a lui aussi exprimé son soutien : « Il est venu me visiter en rêve pour parler du film, évoque Simo. Je ne me souviens plus de ses paroles précises, mais il était très bienveillant vis-à-vis de mon projet. » On se plaît à imaginer le fantôme du cinéaste veillant sur un biopic animé qui donne une furieuse envie de revoir ses œuvres.