VIDEO. Benoît Poelvoorde: «Ces rôles de types grande gueule et un peu nuls, je m’y sens à l’aise»

PORTRAIT Le comédien, à l’affiche de « Venise n’est pas en Italie » en salle le 29 mai, a bien changé depuis ses premiers pas devant la caméra dans « C’est arrivé près de chez vous »

Caroline Vié

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Benoît Poelvoorde dans «Venise n'est pas en Italie» d'Ivan Calbérac
Benoît Poelvoorde dans «Venise n'est pas en Italie» d'Ivan Calbérac — StudioCanal
  • Benoît Poelvoorde incarne un papa qui emmène sa famille en vacances à bord d’un camping-car dans « Venise n’est pas en Italie ».
  • Alors qu’il pensait ne pas en faire sa profession à l'origine, l'acteur devenu très populaire a fini par aimer son métier qu’il pratique dans un registre très large depuis près de trente ans.

En mai 1992, un jeune homme timide débarquait à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes avec C’est arrivé près de chez vous, un « documenteur » à l’humour féroce sur un tueur en série. Vingt-sept ans plus tard, Benoît Poelvoorde joue les papas gâteau farfelu dans Venise n’est pas en Italie d’Ivan Calbérac, un beau parcours que décrit la vidéo ci-dessous.

Depuis les délires en noir et blanc de C’est arrivé près de chez vous, l’acteur belge est passé aux couleurs de la célébrité. « En 1992, je ne me voyais pas devenir comédien professionnel, nous confiait-il pour la sortie des Rayures du zèbre (2014). J’avais juste tourné un film potache avec une bande de potes. C’était censé être un one shot ». Presque trois décennies et pas mal de cocktails Petit Grégory plus tard, Benoît Poelvoorde a enfin embrassé son métier à pleins bras. Et le prouve dans cette nouvelle comédie où il emmène sa famille en vacances à bord d’un camping-car.

Une célébrité familière

« Je me considère davantage comme une vedette que comme une star, avoue-t-il. Je fais partie des célébrités familières, pas intimidantes à qui on vient claquer la bise. » Le comédien namurois de 54 printemps se montre trop modeste. Il y a belle lurette que ses prestations ont gagné en subtilité et qu’il a pris des risques. « Mon premier vrai défi a été Podium en 2004, chanter et danser dans ce film où j’incarne un imitateur de Claude François était si contraire à ma nature que j’ai cru ne pas y arriver. » Le film de Yann Moix lui a valu une citation aux César.

Pas un acteur

Pour autant, même s’il lui est arrivé de se mettre à nu en incarnant des rôles dramatiques tel le séducteur sadique d’Entre ses mains (2005) d’Anne Fontaine ou l’amoureux indécis de 3 cœurs (2014) de Benoît Jacquot, il doute encore. « Quand on me reproche de faire du Benoît Poelvoorde, je réponds que je ne saurais pas faire du Richard Berry, confie-t-il à 20 Minutes. Je ne suis pas un acteur : je suis Benoît Poelvoorde. » On le retrouve tel qu’en lui-même dans Venise n’est pas en Italie où il retrouve l’un de ses rôles de ringards sentencieux qui lui collent à la peau.

Grande gueule et un peu nul

« J’aime bien ces rôles de types grande gueule et un peu nuls, je m’y sens à l’aise, un peu chez moi, reconnaît-il. Et s’ils peuvent lever le coude, c’est tant mieux ! » Sa passion de l’ivresse qu’il partage avec Gérard Depardieu pour Saint-Amour (2016) est tout aussi puissante que sa tendresse pour des rôles atypiques comme celui du flic deAu Poste! (2018) de Quentin Dupieux. « Souvent, je ne lis pas les scénarios, j’accepte les rôles parce que le réalisateur est sympa et que je lui promets de jouer dans son film, avoue-il. Parfois, j’ai de la chance, parfois moins. »

Son dernier gros coup de bol a été Le Grand bain de Gilles Lellouche, énorme succès qui le remet en haut de l’affiche en lui faisant pratiquer la natation synchronisée avec une petite bande de complices. « Au fond, je me sens plus l’aise quand je ne suis pas le seul centre d’attention, dit-il. Quand on se focalise trop sur moi, j’ai tendance à picoler, c’est pour cela que je fais tant l’andouille dans les émissions de télévision. » Le jeune homme timide de 1992 se cache toujours au fond du Benoît Poelvoorde 2019.