Sylvester Stallone à sa masterclass cannoise
Sylvester Stallone à sa masterclass cannoise — C.Vié

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Sylvester Stallone:«La production aurait préféré un kangourou plutôt que moi pour incarner Rocky»

Sylvester Stallone, 72 ans, s'est montré ému lors de lors de l'hommage enthousiaste que lui a rendu le Festival de Cannes

  • Sylvester Stallone a été honoré à Cannes, où il a montré les premières images de « Rambo V : First Blood ».
  • L’acteur a évoqué sa carrière avec humour et humilité lors d’une masterclass.
  • Il a déjà des idées pour un nouveau Rocky.

De notre envoyée spéciale à Cannes, Caroline Vié

Sylvester Stallone a été accueilli triomphalement à Cannes à l’occasion d’un hommage et d’une master class qui lui ont permis de présenter les premières images du futur Rambo V: Last Blood d’Adrian Grunberg.

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« J’aime les personnages résilients, car je le suis moi-même, avoue l’acteur-réalisateur devant un public conquis. Les gagnants ne sont pas intéressants. J’ai toujours eu un faible pour les personnages qui luttent, pour ceux qui ont des doutes. » A 72 ans, Sly (son surnom) n’a rien perdu de sa capacité d’émerveillement quand il reçoit sur scène, une photo dédicacée pour lui par Jean-Paul Belmondo.

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Les tortues de Rocky

« Au moment de “Rocky”, la production avait envisagé tous les acteurs possibles, se souvient-il. La production aurait même préféré un kangourou plutôt que moi pour incarner Rocky ». Le film, réalise en vingt-cinq jours pour moins d’un million de dollars, reçu trois oscars en 1977. Du film qui l’a révélé, Sly a gardé les tortues de Rocky. « Elles font la taille d’une chaise et sont les seules survivantes de l’équipe », dit-il. Sylvester Stallone ne s’étonne pas de voir que le personnage est toujours populaire. « Aujourd’hui, les temps sont durs, il y a beaucoup de Rocky et de Rockettes qui se battent pour survivre comme l’a fait mon héros. »

Le Rambo de Reagan

Sylvester Stallone a humanisé Rambo, son deuxième personnage emblématique. « A l’origine, c’était un sauvage meurtrier qu’on ne pouvait qu’abattre à la fin du film, raconte-t-il. J’en ai fait un homme blessé qui revient dans une Amérique qu’il considère comme une mère qui ne le reconnaît pas. » Sly insiste sur le fait qu’il est tombé de sa chaise quand il a appris que Ronald Reagan utilisait le personnage comme un emblème de l’Amérique conservatrice et que Rocky avait la même étiquette. « Je ne suis pas assez intelligent pour faire de la politique », estime-t-il.

Acteur limité

La gloire n’a pas donné la grosse tête à Sylvester Stallone. « J’ai un registre limité par mon physique, reconnaît-il. Je ne peux pas plus jouer Tootsie que Dustin Hoffman ne peut incarner Rambo. » Sly reconnaît volontiers avoir eu une filmographie inégale. « Quand ma fille me demande pourquoi j’ai joué dans des merdes, je lui réponds que c’est comme ça, que ça m’a permis de payer ses études. » Pour le public, Sly est une icône, comme en témoigne l’accueil qu’il a reçu à Cannes. Il n’est pas prêt à prendre sa retraite et a même des idées pour un nouveau Rocky. « Les gens me reprochent de faire des sequels alors qu’ils peuvent suivre des séries télés pendant dix ans sans protester. » La sagesse sort la bouche de Sly.