Festival de Cannes: Kechiche ne veut pas entendre parler du sexe dans «Mektoub My Love»

MAUVAIS POIL La conférence de presse du film « Mektoub, My Love : Intermezzo », réalisé par Abdellatif Kechiche, s’est déroulée dans une ambiance électrique

Caroline Vié

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Abdellatif Kechiche et son équipe à la conférence de presse du film Mektoub My Love : Intermezzo
Abdellatif Kechiche et son équipe à la conférence de presse du film Mektoub My Love : Intermezzo — C.Vié

De notre envoyée spéciale à Cannes, Caroline Vié

« J’ai voulu célébrer l’amour, le désir, le corps et de tenter une expérience cinématographique la plus libre possible, en brisant les codes narratifs », a déclaré Abdellatif Kechiche lors de la conférence de presse deMektoub my Love, Intermezzo.

Certes, et pourquoi pas dès lors que le film raconte la journée à la plage suivie de la soirée en boîte d’un groupe de garçons et de filles en âge d’éprouver du désir et plus si affinités.

Mais fallait-il que cette rencontre avec la presse, très partagés sur les qualités et l'intérêt du film lui-même, se déroule dans une ambiance aussi électrique ? Que le réalisateur n’aime pas répondre aux questions est une évidence. Il a commencé par bouder le photocall avant de se montrer particulièrement cassant avec certains journalistes.

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Ainsi, le réalisateur de La vie d'Adèle, chapitre 1, lauréat de la Palme d’or en 2013, n’a jamais voulu répondre à la moindre question concernant sa façon de travailler. « Je ne veux plus répondre au comment ou pourquoi, martèle-t-il. J’ai vécu trop de choses malsaines avec cette question sur comment se déroule le travail. » Il faisait sans doute référence au récit de Léa Seydoux concernant ses méthodes de travail. Il déclare en revanche avoir été très clair avec les comédiens. « J’ai demandé aux acteurs de plus rien dire sur ce sujet. »

Une question déplacée

Les choses se sont encore gâtées quand un journaliste a questionné le cinéaste sur l'enquête dont il a fait l’objet. « Je trouve votre question déplacée et imbécile dans un festival de cinéma, s’emporte Abdellatif Kechiche. Cannes est la fête du cinéma, on parle de cinéma. Je ne suis au courant d’aucune enquête. » Il en a profité pour esquiver également les questions sur l’absence d' Ophélie Bau à la conférence de presse. La merveilleuse actrice qui participe activement à la scène la plus polémique du film, un cunnilingus de treize minutes tournée de manière très crue dans les toilettes de la boîte de nuit. Elle s’était contentée de monter les marches hier soir, avant de s’éclipser.

Encore un peu plus long ?

La projection avait été rude pour le cinéaste qui a vu de nombreux spectateurs quitter la salle avant la fin du film. « Cela ne m'a pas choqué car tout le monde n’est pas sensible aux expériences nouvelles, tout le monde ne peut pas comprendre mon désir de sublimer mes acteurs exceptionnels. » S’il a déjà amputé son film pour le réduire à 3h40 parce que « quatre heure, c'était trop long », il déclare aujourd’hui vouloir le rallonger pour la sortie du film non datée. « Je regrette certaines scènes de dialogues », avoue-il avant d’inviter les journalistes à raconter « ce qu’ils ont vu avec leurs yeux et entendus avec leurs oreilles » plutôt que de continuer à l’interroger.