Festival de Cannes: Xavier Dolan filme ses potes dans «Matthias et Maxime» et les invite sur la Croisette

BANDE A PART Xavier Dolan revient sur la présentation en compétition de « Matthias et Maxime », un film de potes qui réunit ses meilleurs amis

Stéphane Leblanc

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Xavier Dolan (lunettes) entouré de ses amis pour le photocall de Matthias et Maxime, le 23 mai à Cannes
Xavier Dolan (lunettes) entouré de ses amis pour le photocall de Matthias et Maxime, le 23 mai à Cannes — HAEDRICH/VU/SIPA

Il n’y a que Xavier Dolan qui peut s’autoriser une telle fantaisie : se filmer lui-même avec ses potes pour en faire un joli film sur l’amitié. Pas une œuvre majeure, mais suffisamment juste et touchante pour se retrouver en lice pour la palme d’or.

Matthias et Maxime commence par une soirée entre potes où les bons mots fusent et se termine par le départ d’un des protagonistes pour deux ans en Australie. Entre-temps, il y aura eu un baiser en forme de prise de conscience… que les personnages sont en passe d’abandonner leur insouciance pour devenir définitivement adultes.

Peu de chance au palmarès mais la victoire est ailleurs

Le cinéaste pourra économiser ses larmes : après un prix du jury pour Mommy et un Grand prix pour Juste la fin du monde, il n’a cette fois aucune chance de figurer au palmarès. Mais qu’importe, sa victoire est ailleurs. « Je voulais faire un film sur l’amitié, avec mes propres amis, raconte Xavier Dolan en conférence de presse. Des amis qu’il a rassemblés autour de lui dans le film et amenés jusqu’au Festival de Cannes.

« Xavier est venu pour la première fois ici il y a dix ans avec J’ai tué ma mère, rappelle un de ses partenaires. On vit avec lui à distance depuis tout ce temps, renchérit une autre. En nous amenant ici, il nous a dit vouloir revivre l’excitation de la première fois à travers nous », explique un troisième. Et résultat, tous ses potes sont là, joyeusement hilares : Pier-Luc Funk, Antoine Pilon, Nancy Grant, Catherine Brunet, Gabriel D’Almeida Freitas, Samuel Gauthier et Adib Alkhalidey.

La fin d’une époque

Il n’empêche que ce film marque la fin d’une époque, à l’instar de la dernière fête relatée dans Matthias et Maxime. « C’est un film de transition. J’arrive à mes 30 ans, c’est la fin d’une décennie. Ce film était l’occasion d’essayer autre chose, d’être plus dans la retenue. Mais je ne vais pas filmer toute ma vie des gens s’engueuler dans une cuisine. » Ou jouer, comme dans Matthias et Maxime, au Pictionary dans un salon autour de bières et de chips. Tant mieux.