Festival de Cannes: La jeune actrice de «Jeanne» préfère qu'on l'appelle Lise

PORTRAIT Deux ans après «Jeannette», Lise Deplat Prudhomme, 10 ans, retrouve son rôle de Jeanne d’Arc et son réalisateur, Bruno Dumont, dans « Jeanne » présenté dans la sélection Un certain regard

Caroline Vié

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Lise Deplat Prudhomme dans «Jeanne» de Bruno Dumont
Lise Deplat Prudhomme dans «Jeanne» de Bruno Dumont — Les films du Losange
  • Lise Deplat Prudhomme avait incarné Jeanne d’Arc enfant dans «Jeannette» de Bruno Dumont.
  • La jeune fille retrouve le rôle et le réalisateur deux ans plus tard pour «Jeanne».
  • Agée de 10 ans, elle envisage de s’occuper de chevaux plutôt que de faire l’actrice quand elle sera grande.

De notre envoyée spéciale à Cannes, Caroline Vié

En 2017, Lise Deplat Prudhomme incarnait déjà Jeanne d’Arc enfant dans Jeannette de Bruno Dumont au Festival de Cannes. Elle reprend le rôle dans Jeanne, la suite de l’histoire de la Pucelle d’Orléans montrée dans la section Un Certain Regard.

« Quand Bruno Dumont a appelé pour me proposer de revenir jouer, j’ai sauté de joie en suppliant mes parents de me laisser le faire », raconte-t-elle à 20 Minutes. Son père informaticien et sa mère qui travaille dans le tourisme, ne se sont pas fait prier pour lui donner la permission. « Ils savent que Bruno Dumont est bienveillant », dit-elle.

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Ne jamais l’appeler Jeanne

Contrairement au premier volet, la demoiselle ne chante pas. C’est le chanteur Christophe qui compose et interprète les titres d’un film centré sur le procès de Jeanne. Pourtant, Lise Deplat Prudhomme a chanté dans le premier volet et elle a même interprété des chansons du film à l’école. « Mon instit a montré la bande-annonce à mes camarades et j’ai chanté devant le directeur. C’était génial. » Pour autant, la fillette ne se prend pas pour une star. « Je suis une enfant normale et je déteste qu’on m’appelle Jeanne, car ce n’est pas mon prénom », martèle-t-elle.

Mûrie par l’expérience

Son expérience avec Bruno Dumont l’a mûrie même si le texte de Charles Péguy n’était pas facile à mémoriser et à dire. « J’ai compris l’innocence de Jeanne, confie-t-elle. Son courage face à des hommes plus forts qu’elle. » L’un des grands plaisirs de Lise sur le tournage est d’avoir pu pratiquer l’équitation et de monter un cheval de la Garde Républicaine. « Le cheval est ce que je préfère au monde et je compte en faire mon métier plus tard. » Elle ne se voit pas continuer à faire l’actrice, « sauf si on me propose un rôle qui implique de faire du cheval ».

Bientôt collégienne

Lise aimerait montrer le film à ses amis mais elle a peur qu’il les ennuie un peu. « Ce n’est pas vraiment pour les enfants », reconnaît-elle. Aujourd’hui, elle pense surtout à son entrée en Sixième en septembre. « Au collège, il y a un prof d’art plastique qui est fan de Bruno Dumont et de Christophe, s’amuse-t-elle. Il a déjà demandé que je sois dans sa classe… et il m’appelle Jeanne ! » Ce personnage n’a pas fini de coller à la peau de Lise Deplat Prudhomme qui l’incarne avec une grande sensibilité.