«Shining»: Pourquoi le gamin poursuivi par Jack Nicholson n'a pas eu peur sur le tournage du film de Kubrick

SOUVENIRS Le coach du gamin blond de «Shining» est invité au Festival de Cannes pour présenter le film restauré. Il confie quelques souvenirs à «20 Minutes»

Caroline Vié

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Danny LLoyd dans «Shining» de Stanley Kubrick
Danny LLoyd dans «Shining» de Stanley Kubrick — Warner Bros
  • Leon Vitali a été comédien avant de devenir l’assistant de Stanley Kubrick.
  • Il a notamment aidé le réalisateur à faire travailler Danny Lloyd, le jeune héros de «Shining», sans que ce dernier puisse avoir peur.
  • Pour autant, Danny Lloyd n’a pas voulu poursuivre sa carrière d’acteur après ce film.

De notre envoyée spéciale à Cannes, Caroline Vié

Leon Vitali, 70 ans, fut acteur dans Barry Lindon avant de devenir l’assistant de Stanley Kubrick puis, après le décès du cinéaste en 1999, a décidé de perpétuer sa mémoire en participant notamment à la restauration de ses films.

Sur Shining (1980), que le Festival de Cannes présente avant sa ressortie en version restaurée le 22 mai, il s’est occupé du jeune Danny Lloyd, l’enfant blond terrifié par son père (Jack Nicholson) et par les spectres croisés dans un hôtel désert où il fait du tricycle.

Pas de monstres pour Danny

« Les lois anglaises étaient très strictes sur le travail des enfants acteurs, explique Leon Vitali à 20 Minutes. Danny ne devait jamais croiser, ni voir, aucun des monstres du film. » Coach du garçonnet alors âgé de 4 ans, Leon Vitali était chargé de le mettre en conditions sans pour autant lui montrer les gamines ensanglantées ou autres goules que son personnage est censé fuir à toutes jambes.

« Je lui demandais ce qui lui faisait peur dans la vie ou l’invitait à imaginer que son père était en colère contre lui, se souvient Leon Vitali. Mais il n’a jamais été vraiment effrayé. Jack Nicholson est sans doute ce qu’il a vu de pire et cela ne l’a guère impressionné. » Même quand il a croisé l’acteur avec une hache, il n’a pas été effrayé.

Pas de carrière d’acteur pour Danny

Le gamin n’avait le droit de tourner que vingt minutes toutes les heures ce qui ne simplifiait pas la besogne de l’équipe. « Tout le monde considérait Danny comme une mascotte, d’autant plus que ses parents n’ont été invités qu’une seule fois sur le tournage. »

Cette expérience heureuse n’a pas été suffisante pour convaincre l’enfant de poursuivre une carrière d’acteur. Il est aujourd’hui professeur de sciences dans un collège du Kentucky. « Il faut avoir une mentalité très particulière pour avoir envie de se lancer dans ce métier, prévient Leon Vitali. Pour ma part, j’ai trouvé plus gratifiant de devenir l’assistant de Stanley Kubrick que de continuer à faire l’acteur. » Et on est ravis qu’il continue à partager sa passion pour l’œuvre du maître.