Mort de John Singleton: Le réalisateur de «Boyz n the Hood» s'est éteint

DISPARITION Hospitalisé depuis le 17 avril à la suite d’un AVC, il est le premier metteur en scène noir à avoir été nommé pour l’Oscar du meilleur réalisateur

S.A avec AFP

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John Singleton lors de la cérémonie des Oscars en février 2019.
John Singleton lors de la cérémonie des Oscars en février 2019. — Michael Buckner/REX/Shutterstock/SIPA

Le réalisateur du film Boyz n the Hood sorti en 1991, John Singleton est décédé ce lundi ont indiqué les médias américains, citant un communiqué de sa famille. Le cinéaste de 51 ans était hospitalisé depuis le 17 avril, après avoir été victime d’un accident vasculaire cérébral.

Le réalisateur est mort peu après que sa famille a annoncé lundi avoir décidé de mettre un terme aux soins qui le maintenaient artificiellement en vie. « Nos cœurs sont lourds aujourd’hui (…), alors que nous pleurons cette énorme perte », a déclaré le président de l’association des réalisateurs américains, Thomas Schlamme.

John Singleton était le premier réalisateur noir à avoir été nommé pour l’Oscar de la meilleure réalisation, en 1992, avec Boyz n the Hood, sombre tableau de l’engrenage des gangs à Los Angeles, de la violence sous-jacente de nombreux quartiers noirs de la ville et de la répression aveugle de la police. Egalement nommé dans la catégorie du meilleur scénario, John Singleton était finalement reparti bredouille. Il reste le plus jeune metteur en scène jamais nommé pour l’Oscar du meilleur réalisateur, devant Orson Welles.

Choc culturel

Son film, qu’il avait tourné à 22 ans seulement, avait été un choc culturel et une étape majeure dans l’histoire du cinéma afro-américain, avec sa distribution comprenant Angela Bassett, Laurence Fishburne, Cuba Gooding Jr et le rappeur Ice Cube, dont c’était le premier rôle. Boyz n the Hood aura aussi marqué par sa bande originale, qui a contribué à populariser encore un peu plus le rap, avec Ice Cube, 2 Live Crew et Too $hort. « Il avait explosé à Hollywood, dans notre culture et notre conscience, avec sa vision si puissante de la vie dans notre ville », a souligné Thomas Schlamme.

« Personne ne faisait de film sur ce que nous vivions à Los Angeles », expliquera John Singleton pour décrire ce qui l’avait poussé à lancer le projet, dont il avait écrit le script. Il a attribué l’écho favorable qu’avait très tôt reçu « Boyz n the Hood à son passage à Cannes, dans la sélection « Un certain regard », marqué par une ovation debout à l’issue de la projection.

Par la suite, John Singleton a également réalisé 2 Fast 2 Furious (2003), son plus gros succès commercial, un remake de Shaft (2000) avec Samuel L. Jackson, Quatre frères (2005), Poetic Justice (1993), un drame romantique avec Janet Jackson et Tupac Shakur ou Fièvre à Columbus University (1995). Il est aussi passé du côté du petit écran. Il a réalisé le clip de Michael Jackson (Remember the Time) et plus récemment un épisode de la série American Crime Story, sur le procès d’O.J. Simpson avec l’acteur Cuba Gooding Jr.

« Honnêtement, je n’arrive pas encore à trouver les mots », a réagi le rappeur Ludacris, qui a joué dans 2 Fast 2 Furious. « Repose en paix, John Singleton, tellement triste d’apprendre la nouvelle », a également réagi le réalisateur américain Jordan Peele sur Twitter. « John était un artiste courageux et une véritable inspiration. Sa vision a tout changé. »