VIDEO. Marathon Marvel 1/3: «Iron Man», «Captain America», «Thor»... L'ascension des Avengers

AVANT «AVENGERS: ENDGAME» «Avengers : Endgame» sort au cinéma mercredi, c'est le moment ou jamais, le timing parfait pour se faire un marathon des 21 films du Marvel Cinematic Universe

Vincent Julé

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«Avengers» est le premier aboutissement du Marvel Cinematic Universe, de quatre années et six films
«Avengers» est le premier aboutissement du Marvel Cinematic Universe, de quatre années et six films — Marvel Studios

Onze ans, vingt et un films, quarante-huit heures de métrage… Comme ironise Tony Stark dans la bande-annonce : « J’ai l’impression que c’était il y a mille ans ». En salle mercredi, le bien nommé Avengers : Endgame est l’apothéose d’une décennie Marvel Studios, la « fin de partie », ou plutôt la fin d’une partie, du Marvel Cinematic Universe (MCU). L'occasion pour 20 Minutes de se lancer dans un marathon de tous les films, un marathon sans pause pipi de trois jours, à l’image des trois phases du MCU. C’est parti pour la Phase I, d’Iron Man à Avengers.

8h : « Iron Man », l’ami du petit-déjeuner

Le film par lequel tout a commencé. Il y avait bien sûr déjà eu des films adaptés des comics Marvel, mais Iron Man est le premier 100 % produit par Marvel Studios. Le choix de ce super-héros, moins installé que Spider-Man ou Hulk, n’est pas un hasard. Il est alors le seul des personnages principaux Marvel à ne pas avoir été adapté en live, et donc un bon moyen de relancer les affaires. Marvel met même en place des groupes de discussion, puis une campagne promo à propos, pour s’assurer que le public comprenne bien qu’Iron Man n’est pas un robot, qu’il y a un homme sous l’armure : Tony Stark.

Pour interpréter le playboy milliardaire, le studio veut miser sur un inconnu, suite aux succès de Spider-Man et X-Men, mais le réalisateur Jon Favreau impose Robert Downey Jr., mettant en avant le parallèle de sa vie, ses hauts et ses bas, avec celle du héros. Et force est de contacter que Robert Downey Jr. est Tony Stark, au point que l’on a du mal à l’imaginer jouer un autre rôle aujourd’hui. Iron Man donne aussi le ton des productions Marvel, plus enlevé et fun, que l’univers sombre et réaliste de DC et son Dark Night sorti la même année. C’est le mémorable « I am Iron Man » à la fin, avant une scène post-générique qui annonce les Avengers. Le MCU est né.

10h04 : « L’Incroyable Hulk » en pré-workout

Le mouton noir… ou vert. Après le Hulk très personnel mais mal reçu d’Ang Lee, Marvel décide de faire revenir le géant dans son giron avec un film qui sert à la fois de suite et de reboot. Porté par un nouvel acteur (Edward Norton remplace Eric Bana) et réalisé par un frenchy (Louis Letterier), L’Incroyable Hulk s’économise une énième origin story, pour n’être qu’un énième blockbuster anonyme. Malgré la guest star de Tony Stark en post-générique ou le retour du général Ross sous les traits de William Hurt dans Captain America : Civil War et Avengers : Infinity War, le film semble avoir été effacé de la mémoire du MCU, au point de recaster Bruce Banner (c’est maintenant Mark Ruffalo) dans Avengers. Le film reste à ce jour le moins bon résultat de Marvel au box-office.

11h56 : « Iron Man 2 », attention à l’indigestion

Il faut aller vite, très vite. Jeff Bridges avait déjà évoqué sa surprise lorsqu’il avait commencé le tournage d’Iron Man sans scénario terminé, une information confirmée et justifiée par le réalisateur lui-même. Il voulait que les acteurs puissent improviser leurs dialogues et ainsi garder un naturel, une fraîcheur. Un équilibre miraculeux, qu’Iron Man 2 tente de reproduire, en vain. Le film est d’ailleurs un remake à peine déguisé, et en roue libre, du premier, Mickey Rourke remplaçant Jeff Bridges en méchant.

L’Expendable ne manquera pas d’exprimer son désarroi en interview, expliquant que la majorité de ce qu’il avait proposé était restée sur le banc de montage et que son personnage n’était au final qu’une caricature. Même Robert Downey Jr., en plein one-man-show, frôle la parodie. Et à qui peut bien appartenir ce gros marteau à la fin ?

14h : « Thor », pudding divin

Avec Thor, le MCU déploie enfin véritablement, son univers, ses super-héros et ses cinéastes. Après vingt ans de development hell (Sam Raimi, Guillermo del Toro ou Matthew Vaughn s’y sont frottés), Marvel choisit Kenneth Brannagh pour porter sur grand écran les aventures réputées inadaptables du fils d’Odin. Pas bête. Le spécialiste de Shakespeare au cinéma (Henry V, Hamlet) maîtrise l’emphase, le tragique, qu’il contrebalance par un humour so british du poisson hors de l’eau, du dieu parmi les hommes. Le film confirme également le talent de casting de Marvel, avec les révélations de Chris Hemsworth en Thor et Tom Hiddleston en Loki, hier parfaits inconnus, aujourd’hui stars mondiales.

15h55 : « Captain America », c’est dans les vieux pots

Marvel continue sa politique des auteurs en embauchant Joe Johnston pour réaliser Captain Avenger : First Avenger. Qui ? Le directeur artistique des Star Wars et des Indiana Jones, le metteur en scène de Rocketeer, Jumanji et Jurassic Park 3 ! Les fans biberonnés aux comics et à Spielberg sont aux anges, et presque pas déçus du résultat. Il souffle en effet le vent de l’aventure à l’ancienne sur ce Captain America, bien aidé par son interprète Chris Evans tout en charisme puis en muscles.

On oublie instantanément qu’il a pu être un autre super-héros, la Torche dans deux films Les Quatre Fantastiques. On oublie aussi les précédentes incarnations du Captain America, qu’il s’agisse du serial des années 40, les téléfilms de 1979 ou le nanar de 1990. Le film est aussi la première incursion dans le MCU du duo de scénaristes Christopher Markus et Stephen McFeely, qui en deviendront les architectes sous l’égide du producteur Kevin Feige.

17h59 : « Avengers », Menu Maxi Best Of

Le pari fou. De réunir autant de super-héros sur grand écran ? Déjà, mais surtout de les confier à un quasi novice. Connu pour Buffy, Joss Whedon n’avait réalisé qu’un seul long-métrage avant Avengers, le petit et malin Serenity adapté de sa série Firefly. Marvel avait auparavant demandé à Joe Johnston d’enchaîner Captain America avec Avengers. « Mais je préférais me focaliser sur un seul personnage à la fois, se souvient-il. Je ne me voyais pas jongler entre cinq, six ou sept personnages, et raconter mon histoire comme il faut. J’ai passé mon tour ».

Le plus fou est que Joss Whedon réussit son pari, en assurant le spectacle bien sûr (ah ce plan tournant devenu iconique) mais surtout en soignant l’écriture et les personnages. Le MCU devient une véritable série, avec sa mythologie et… un gros mec violet à la fin?