«Tanguy, le retour»: Les suites de comédies, cette valeur (presque) sûre du cinéma

COMEDIE La sortie de « Tanguy, le retour », en salle ce mercredi, amène « 20 Minutes » à se demander pourquoi les comédies suscitent autant de suites…

Caroline Vié

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Eric Berger dans «Tanguy, le retour» de Etienne Chatiliez
Eric Berger dans «Tanguy, le retour» de Etienne Chatiliez — SND
  • « Tanguy, le retour » est la suite, dix-huit ans plus tard, de « Tanguy » d’Etienne Chatiliez sorti en 2001.
  • Les comédies à succès connaissent souvent des suites.
  • Même si elles ne sont pas toujours lucratives, la présence d’éléments familiers rassure les spectateurs.

Mais qu’ont donc les producteurs à faire réaliser des suites de comédies françaises à succès ? Réalisé 19 ans après Tanguy, Tanguy, le retour d’Etienne Chatiliez, qui sort mercredi, est un exemple de ce phénomène sur lequel 20 Minutes a mené l’enquête.

« Il s’agit du même principe que celui des franchises américaines de superhéros, confie Laurent Geissmann, programmateur indépendant, à 20 minutes. En reprenant un produit connu, on sait que les spectateurs sont déjà familiers des personnages et qu’une partie du travail de communication est déjà fait. »

Les suites, c’est payant

Et cela se révèle souvent rentable ! Les Bronzés 3 et ses 10 millions de spectateurs en sont la preuve éclatante. « Le film avait généré une telle attente que 10 millions de personnes y sont allées avant de comprendre que c’était nul », déclare un professionnel sous couvert d’anonymat. L’équipe du Splendid suffisait à motiver le public avide de retrouver la franche rigolade des premiers volets. « Dans une période morose, les spectateurs recherchent la certitude de rire. Ils se souviennent de leurs amusements passés et estiment qu’une suite leur garantit de retrouver la même sensation de bonheur partagé », analyse Dorothy Malherbe, directrice des cinémas Les 7 Batignolles à Paris.

Les suites, ça peut aussi se planter

Quelques contre-exemples démontrent cependant que les recettes ne sont pas toujours au rendez-vous. Alad’2 avec Kev Adams a attiré presque deux fois moins de spectateurs qu’Aladin. Brice 3 (second opus de Brice de Nice) n’a pas non plus surfé aussi haut que prévu au box-office. « Le premier Brice était un ovni qui aurait dû rester unique, précise Dorothy Malherbe. Essayer de le reproduire n’était pas une bonne idée parce que son succès était inattendu. » Il semble difficile d’expliquer avant sa sortie pourquoi tel film va donner envie ou pas. « Tout le monde rêve de trouver la formule miracle mais cela se saurait si elle existait », insiste Laurent Geissmann.

La télé donne des idées dans les suites

Quand un film est un succès d’audience, on peut légitimement penser qu’il y a une véritable envie de la part du public. « Les spectateurs aiment retrouver des personnages familiers qu’ils voient évoluer, car cela les rassure. Il est facile de jouer là dessus », estime Laurent Geissmann. Le succès des Tuche sur petit écran a convaincu la production de lancer une suite qui n’était pas prévue au départ. « Petit et grand écran sont complémentaires, précise Laurent Geissmann. La plupart des comédies sont certaines de rentrer dans leurs frais grâce aux ventes télé. » Pour autant Les Tuche ont fait un carton sur les deux tableaux, comme si les téléspectateurs s’étaient démultipliés.

Les suites, ça va marcher ?

Savoir si Tanguy, le retour fera partie des succès ou des échecs est aujourd’hui un mystère. « Je sens une vraie curiosité de la part du public, insiste Dorothy Malherbe. Je crois que bien des gens ont envie de savoir à quoi Tanguy ressemble à 44 ans. Son charme est transgénérationnel bien que cette histoire soit ancrée dans son époque. » Pour le savoir, rendez-vous au cinéma à partir de ce mercredi.