VIDEO. «Les oiseaux de passage»: Plus près du «Parrain» que de «Scarface»

DROGUE « Les oiseaux de passage », en salle le 10 avril, explore les cartels colombiens du côté de la famille plus que des gangsters.

Caroline Vié

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«Les oiseaux de passage» de Ciro Guerra et Cristina Gallego
«Les oiseaux de passage» de Ciro Guerra et Cristina Gallego — Diaphana Distribution
  • « Les oiseaux de passage » évoque la création des cartels de la drogue colombiens.
  • Le film évoque l’influence désastreuse du commerce de la marijuana sur les Amérindiens Wayuu.
  • Les réalisateurs Ciro Guerra et Cristina Gallego parlent « anti-Scarface » pour leur film entre thriller et tragédie antique.

Il y a eu Scarface de Brian DePalma où Al Pacino incarnait un narcotrafiquant se grisant de pouvoir au point d’en perdre la raison. Il y aura aussi, désormais, Les oiseaux de passage, où  Ciro Guerra et Cristina Galleno évoquent les origines des cartels colombiens souvent magnifiés par le cinéma américain.

Dans les années 1970, le jeune Rafa se laisse tenter par l’argent facile qu’apporte la marijuana entraînant sa famille dans une spirale de violence. « Notre film est un anti Scarface », précise Ciro Guerra, le réalisateur de L'Empreinte du serpent. Il montre les dégâts du commerce de la drogue sur la civilisation des Amérindiens Wayuu. »

La marijuana plus lucrative que le café

Pour écrire et réaliser ce conte cruel découvert à la Quinzaine des Réalisateurs en 2018 et présenté en ouverture du Festival de Beaune cette année, les réalisateurs ont reçu les confidences d’une population locale qui vit dans la misère. « Les Wayuu se sont laissés piéger entre modernité et traditions, insiste Cristina Gallego. Notre film se rapproche du Parrain de Francis Ford Coppola par la façon dont il montre comment l’appât du gain influe sur la vie de la famille. » Traditions et rituels ancestraux (telle une magnifique scène de danse nuptiale) sont engloutis au passage quand la population comprend que la culture de la marijuana est plus lucrative que celle du café.

La marijuana ne fait pas le bonheur

« La marijuana, c’est le bonheur », dit l’un des personnages du film. Elle fait plutôt le malheur de héros qui mettent en péril leur existence et celle de leur peuple. Entre thriller et tragédie antique, Les oiseaux de passage instruit et fascine le spectateur. Il lui laisse dans le cœur l’impression d’un épouvantable gâchis humain.