VIDEO. «Tel Aviv on Fire»: Et si le conflit israélo-palestinien se transformait en bataille du rire?

EXPLOSIF « Tel Aviv on Fire », au cinéma le 3 avril, déborde d'imagination pour faire rire d'un conflit israélo-palestinien pourtant pas réputé folichon

Caroline Vié

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Kais Nashif et Yaniv Biton dans Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi
Kais Nashif et Yaniv Biton dans Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi — Haut et Court
  • « Tel Aviv on Fire » fait rire sur un thème pas facile.
  • Les rapports entre un scénariste de feuilleton palestinien et un officier israélien qui lui dicte ses scénarios sont au centre du récit.
  • Entre fiction délirante et réalité guerrière, cette comédie couverte de prix est une poilante réussite.

Le héros de Tel Aviv on Fire, jeune stagiaire palestinien sur le tournage d’une série israélienne, doit franchir deux fois par jour un check point. Il y croise un officier israélien, à qui il fait croire qu’il est le scénariste. Si bien que le gradé va lui soumettre quelques idées pour améliorer des intrigues d’une ringardise achevée et mettre Israël davantage à l’honneur.

« J’essaie de divertir tout en parlant des conditions de vie de mes personnages de manière sincère », explique le réalisateur Sameh Zoabi dans le dossier de presse. 20 Minutes explique en quoi cette comédie brillante et couverte de récompenses, parvient à injecter une belle dose d’humour au cœur d’un conflit pourtant pas vraiment rigolo.

Les personnages sont originaux

Le faux scénariste (joué par Kais Nashif, vu dans Paradise Now et célébré à Venise pour sa prestation) se laisse piéger par le soldat (incarné par Yaniv Biton, star du stand-up en Israël). Leurs discussions passionnées sont surréalistes. L’officier va même jusqu’à enlever le jeune homme et le menacer de mort pour qu’il fasse évoluer l’intrigue du feuilleton comme il le souhaite. Et à se faire offrir du houmous par le scénariste qu'il tient en son pouvoir.

La parodie du feuilleton est irrésistible

Sameh Zoabi jongle entre la réalité des personnages et la fiction qu’ils écrivent. Des scènes du soap opera ridicule sur les amours d’une espionne israélienne (Lubna Azabal) et d’un officier arabe sont un pastiche hilarant de ce type de productions de feuilletons tartignolles. Jeu outrancier des acteurs, couleurs kitsch et musique grandiloquente empêchent de garder son sérieux. Voir les inventions crétines de l'officier, notamment une scéne de mariage à laquelle il tient beaucoup, est irrésistible.

L’humour est un régal d’absurdité

Le réalisateur de Téléphone arabe a trouvé l’équilibre parfait entre suspense et humour noir. Le spectateur tremble pour le scénariste et se demande bien comment il va composer entre son oncle producteur de la série et l’officier qui a confisqué son passeport. Le dénouement (qu’on ne révélera évidemment pas) est un des plus malins vus depuis longtemps. « N’y a-t-il rien entre les bombes et la soumission ? » demande le héros. Si, il y a Tel Aviv on Fire qui choisit le parti du rire pour réconcilier les peuples.

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