«El Reino»: «Le cinéma politique apporte de la maturité», estime Antonio de la Torre

ENGAGEMENT L'acteur espagnol Antonio de la Torre explique à « 20 Minutes » à quel point ses derniers films, plus politiques à l'image de « El Reino » en salle le 17 avril, ont modifié son jeu

Caroline Vié

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Antonio de la Torre dans Compañeros d'Alvaro Brechner
Antonio de la Torre dans Compañeros d'Alvaro Brechner — Le Pacte
  • L’acteur espagnol Antonio de la Torre est à l’affiche de deux films engagés, « Compañeros » et « El Reino ».
  • Avoir incarné ces deux rôles de politicien lui font aujourd'hui envisager son métier différemment.

EDIT. Cet article, publié pour la sortie de Companeros, fin mars, a été remis à jour pour la sortie de El Reino, en avril. L’acteur Antonio de la Torre nous avait alors donné un entretien dans lequel il évoquait ses deux rôles dans les deux films.

Antonio de la Torre est l’un des acteurs espagnols les plus en vue du moment. Le voici dans El Reino de Rodrigo Sorogoyen, quelques semaines après Compañeros d’Alvaro Brechner.

« Ces deux œuvres parlent de choix, d’engagement et des épreuves qu’ils peuvent impliquer », confie-il à 20 Minutes. El Reino lui a permis de remporter un Goya (l’équivalent espagnol de nos César) en politicien corrompu. Tandis qu’il incarnait José Mujica, un opposant politique emprisonné pendant la dictature en Uruguay avant de devenir président du pays dans Compañeros.

Un autre genre

« Depuis des années, le public international associe l’Espagne au cinéma de genre, nous avoue-t-il. Mon pays est devenu celui du polar et du fantastique et je suis ravi que nos films abordent des thèmes plus sérieux. » Antonio de la Torre sait de quoi il parle : il a joué dans les thrillers La Isla minima et Que Dios nos perdone et dans l’excentrique Balada Triste. « Aujourd’hui, les réalisateurs ont envie de parler de l’état du monde que ce soit pour évoquer des pages sombres de l’histoire ou des événements récents tout aussi riches en enseignements. » Coproduction espagnole, Compañeros ne ménage pas le spectateur pour montrer les horreurs subies par les prisonniers. « Cette expérience de cinéma politique apporte de la maturité », estime le comédien de 52 printemps.

La réalité aide à se laisser aller

« Ce type de films est tristement universel, constate Antonio de la Torre. Dans tous les pays, il y a de la corruption et de la violence. » L’acteur a vu sa carrière prendre une nouvelle dimension avec ce virage vers un cinéma engagé. « Je crois que ma façon de jouer a changé grâce à mon rôle dans Compañeros, admet-il. Peut-être parce que j’incarne un homme qui a beaucoup souffert. » Il se montre aussi sobre que convaincant pour laisser la réflexion et l’émotion prendre le pas sur sa prestation. « Je ne ressens plus le besoin de me cacher ni de me protéger : je me laisse totalement emporter par ce que vit mon personnage, parce que cela se rapproche d’une réalité douloureuse. » La qualité de ses prestations met le spectateur KO, ce qui promet de ressortir doublement sonné de El Reino après avoir vu Compañeros.