VIDEO. «Boy Erased» plonge en famille dans un centre censé «soigner» les homosexuels

HOMOPHOBIE Joel Edgerton s'inspire d’une histoire vraie sur les centres de reconversion sexuelle américains dans « Boy Erased », en salle le 27 mars

Caroline Vié

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Lucas Hedges et Nicole Kidman dans Boy Erased de Joel Edgerton
Lucas Hedges et Nicole Kidman dans Boy Erased de Joel Edgerton — Universal France
  • « Boy Erased » fait partager les épreuves d’un fils de pasteur envoyé dans un centre de reconversion pour le « guérir » de son homosexualité.
  • Le réalisateur Joel Edgerton s’est basé sur l’histoire de Garrard Conley qui s’est confié dans un livre homonyme.
  • Lucas Hedges incarne le héros banni par ses parents, joués par Nicole Kidman et Russell Crowe.

Le film Boy Erased s’inspire de l’histoire vraie de  Garrard Conley publiée aux éditions Autrement. En 2004, cet adolescent élevé dans un milieu baptiste ultra-orthodoxe a subi une thérapie de conversion censée « soigner » son homosexualité et se décrit aujourd’hui comme un « survivant ».

Lucas Hedges incarne ce fils d’un pasteur rigoriste et d’une femme au foyer interprétés par Russell Crowe et  Nicole Kidman. L'acteur australien Joel Edgerton, qui a réalisé le film, montre bien évidemment les brimades que subit son héros mais il décrit aussi sa relation avec des proches qui croient agir pour son bien.

Sensibiliser les parents

Contrairement à Come as you are de Desiree Akhavan, qui abordait le même sujet, Boy Erased s'adresse davantage aux parents qu'aux enfants dont ils n’acceptent pas l’homosexualité. « Il n’était pas question de diaboliser qui que ce soit, cela aurait été simpliste et mensonger », insiste Joel Edgerton dont l’ambition avouée consiste surtout « à sensibiliser le public aux effets néfastes d'une thérapie de conversion toujours pratiquée aujourd'hui ».

Des stars engagées

Des stars n’ont pas hésité à s’impliquer pour raconter cette histoire. Russell Crowe est un mur de réprobation en homme d’Eglise raidi dans sa foi. Nicole Kidman rend sensible le déchirement entre ses convictions religieuses et l’amour maternel qui la pousse à soutenir son fils. Parmi les « patients », on reconnaît aussi Xavier Dolan à contre-emploi en jeune homme mutique. Tous contribuent à tirer la sonnette d’alarme. Un carton à la fin du film annonce que 700.000 personnes ont déjà subi ce type de thérapie aux Etats-Unis et que 57.000 autres y seront confrontées dans les cinq prochaines années.

Un message important

« J’espère que notre message sera entendu par des parents en proie à ce genre de questionnement et de tourment face à leurs enfants, insiste Joel Edgerton. L’orientation sexuelle ne peut pas être changée ou « guérie », mais heureusement, on peut apprendre à l’accepter. » En Amérique, où un sénateur comme Mike Pence n’hésite pas à prôner l’homophobie, mais aussi en France, où l’on espère que ce genre d’établissements ne verra jamais le jour.