VIDEO. «Dernier amour»: Qui est Casanova sous les traits de Vincent Lindon?

SEDUCTEUR Le réalisateur Benoît Jacquot présente à « 20 Minutes » le Casanova vieillissant qu’incarne Vincent Lindon dans « Dernier amour » au cinéma le 20 mars

Caroline Vié

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Vincent Lindon dans Dernier amour de Benoît Jacquot
Vincent Lindon dans Dernier amour de Benoît Jacquot — Diaphana disrtribution
  • « Dernier amour » montre un Casanova vieillissant tourneboulé par une jeune courtisane anglaise.
  • Vincent Lindon et Stacy Martin incarnent les rôles principaux de cette réflexion sur le désir et la passion.
  • Vincent Lindon a convaincu Benoît Jacquot de lui confier le rôle du célèbre séducteur.

Vincent Lindon maîtrise l’art et la manière de surprendre. Dans Dernier amour de Benoît Jacquot, il incarne un Casanova vieillissant qu’une belle jeune femme incarnée par Stacy Martin fait tourner en bourrique.

« Je ne voyais pas Vincent dans le rôle de Casanova, confie Benoît Jacquot à 20 Minutes. Mais il tenait tellement à le jouer que je me suis basé sur notre longue amitié pour faire confiance à son intuition. » Le réalisateur d’Eva et des Adieux à la Reine a bien fait :  Vincent Lindon émeut en séducteur sur le retour.

Vincent Lindon est Casanova

Benoît Jacquot a beaucoup pensé au portrait de Casanova écrit par Charles Joseph, prince de Ligne, pour créer son personnage. « La façon dont le prince le décrivait légitimait Vincent dans le rôle, explique-t-il. Il parlait de Casanova, qu’il a bien connu, comme d’un homme costaud, sanguin qui pouvait exploser soudain après s’être montré taiseux pendant des semaines. » Rien à voir avec l’image du mondain précieux et collectionneur de conquêtes souvent présenté au cinéma, notamment par Federico Fellini en 1976. Le Casanova de Benoît Jacquot a perdu de sa superbe à la cour d’Angleterre au XIIIe siècle.

Benoît Jacquot est Casanova aussi

Le jeu de séduction auquel se livre la Charpillon, courtisane anglaise pour que Casanova finisse par l’aimer d’amour, est aussi cruel que fascinant. « J’ai écrit mon scénario avant le mouvement #Metoo, raconte le cinéaste. J’en suis cependant solidaire comme le prouvent mes films où j’adopte souvent le parti des femmes. » Sauf cette fois où il avoue se reconnaître davantage dans l’homme manipulé que dans sa tourmenteuse : « Je ne suis pas la fille dans Dernier amour, plaisante-t-il. Il est évident que je me sens plus proche du gars. » La passion dévorante qui s’empare de son héros est au centre d’un récit inspiré des Mémoires de Casanova.

Et si nous étions tous Casanova ?

« Les sentiments que décrit Dernier amour sont intemporels et universels, insiste Benoît Jacquot. Je crois qu’il est possible à tout le monde de comprendre ce que ressent cet homme tombant vraiment amoureux pour la première fois de quelqu’un qui se refuse à lui. La même chose pourrait arriver à une femme. » L’émotion profonde qui se dégage de cette réflexion sur le désir emporte le public par sa pudeur dénuée de pudibonderie. Vient un moment où le spectateur aussi se sent Casanova… Et c’est ce qui fait la force de ce Dernier amour.