VIDEO. «Us»: Jordan Peele fait surgir l'horreur de l'intérieur pour mieux dévorer l'Amérique

REVOLTE Après « Get Out », Jordan Peele brosse un portrait encore plus terrifiant de l’Amérique dans « Us », au cinéma le 20 mars

Caroline Vié

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Evan Alex, Winston Duke, Lupita Nyong'o et Anna Diop dans Us de Jordan Peele
Evan Alex, Winston Duke, Lupita Nyong'o et Anna Diop dans Us de Jordan Peele — Universal
  • Jordan Peele s’était fait remarquer avec le conte horrifique Get Out.
  • Le réalisateur persiste dans le cinéma de genre avec Us, dans lequel des doubles violents mettent en péril une famille modèle.
  • Ce film d’épouvante brillant dissimule une fable sociale qui ne l’est pas moins.

Jordan Peele s’en était pris au racisme aux Etats-Unis avec l’envoûtant Get Out, oscar du meilleur scénario original en 2018. Le réalisateur va encore plus loin dans le domaine de la fable horrifique et sociale avec Us (littéralement « Nous »).

Une famille modèle (Maman, Papa, une fille et un garçon) part passer ce qui s’annonce comme des vacances parfaites dans sa belle villa au bord de la mer. Sauf que leurs doubles maléfiques vêtus de pyjamas rouges ne l’entendent pas ainsi…

Lupita Nyong'o (sublime) et Winston Duke (impressionnant) mènent la danse d’un film angoissant. « Tout est parti de ma fascination sur le mythe du double », déclare Jordan Peele dans le dossier de presse. Dans Us, les ennemis prennent les traits des gens dont ils cherchent à voler la place. A la fois, zombies et tueurs psychopathes, ils sont de l’étoffe dont se fabriquent les meilleurs cauchemars. Car ce sont aux oubliés de l’Amérique dans leur ensemble que le réalisateur donne la parole aujourd’hui.

La peur vient de l’intérieur

Les « méchants » violents et déterminés confrontent chacun à son côté brutal. « C’est une chose caractéristique de la culture américaine que de repousser la faute sur les autres, explique Jordan Peele. Ce pays est terrifié par l’étranger. Il s’est construit sur la peur, que ce soit celle du terrorisme ou celle de l’immigration. »

Dans son film, l’horreur vient de l’intérieur. Aucune force maléfique ou autre invasion extraterrestre n’est à blâmer. Voir quelqu’un qui est votre parfait sosie s’apprêter à vous massacrer est plus dérangeant que d’être face à un monstre repoussant, surtout quand il s’introduit chez vous pour vous détruire.

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👆🏾 #UsMovie @monkeypawproductions

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Une fable sociale et terrifiante

Sans détailler l’origine des mystérieux visiteurs afin de ne pas « spoiler » un film au scénario brillant, on signalera simplement qu’Us fait partie de ces films capables d’égratigner le modèle américain jusqu’au sang, de s’attaquer avec drôlerie et férocité aux Américains aisés quelles que soient leur origine et leur couleur de peau. Entre un épisode de La Quatrième dimension et La foire des ténébres de Jack Clayton d’après Ray Bradbury, cette fable sociale aux allures de film d’épouvante est un délice autant qu’un brûlot. Alors pyjamas rouges et « gilets jaunes » même combat ? Aller voir Us pour le savoir…