VIDEO. «Sunset»: L'ombre du «Fils de Saul» plane sur le nouveau film de László Nemes

DEUXIEME FILM László Nemes explique à 20 Minutes en quoi « Le Fils de Saul » n’est pas si éloigné de son nouveau film, « Sunset », en salle le 20 mars

Caroline Vié

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Juli Jakab dans Sunset de  László Nemes
Juli Jakab dans Sunset de László Nemes — Ad Vitam
  • « Sunset » est le deuxième film du réalisateur du « Fils de Saul », oscarisé en 2016.
  • On retrouve la patte de László Nemes dans cette fresque historique somptueuse.
  • Le spectateur plonge en immersion avec une jeune femme dans le Budapest des années 1910.

László Nemes surprend mais ne déçoit pas avec Sunset, son deuxième long-métrage. Le Fils de Saul, couvert de Prix à Cannes et Oscar du meilleur film étranger en 2016, plaçait forcément la barre haute. Le réalisateur hongrois ne s’est pas laissé terrasser par son succès.

« Bien sûr que cela m’a mis la pression, avoue le cinéaste de 42 ans à 20 Minutes. Mais le fait d’avoir commencé Sunset avant de tourner Le Fils de Saul m’a été d’une grande aide. J’ai pu replonger facilement dans mon intrigue. » C’est épaulé par sa coscénariste Clara Royer et Matthieu Taponier que le réalisateur a écrit cette fresque sur l’arrivée d’une jeune modiste en quête de ses origines dans le Budapest de 1913.

Historique comme « Le Fils de Saul »

Œuvre complexe, Sunset adopte le point de vue d’une femme entre bourgeoisie et peuple pour décrire une société en pleine déliquescence. « Si d’autres choix avaient été faits dans les années 1910, ce qui arrive trois décennies plus tard dans Le Fils de Saul ne se serait pas déroulé, insiste László Nemes. Ces deux films sont liés tant par leur côté historique que par l’importance que revêt la famille pour les protagonistes. » La jeune femme part sur les traces des siens dans un pays où l’on ressent les prémices de guerres meurtrières.

Immersif comme « Le Fils de Saul »

Le cinéaste colle au visage de la demoiselle filmée au plus près. « J’aime l’idée que le spectateur soit comme elle, qu’il ne comprenne pas forcément tout, insiste le réalisateur. Le fait que le public ressente une certaine frustration le pousse à réfléchir. » Sunset perd parfois le spectateur dans ses méandres. C’était déjà le cas du Fils de Saul qui immergeait le public dans son monde cauchemardesque. Ce côté labyrinthique place le spectateur dans la position de son héroïne, au cœur de l’action et des incompréhensions de cette dernière.

 

Esthétique comme « Le Fils de Saul »

« Le sujet est moins immédiatement fascinant que les camps de concentration », reconnaît László Nemes. Cela explique peut-être pourquoi Sunset n’a pas fait grand bruit à la Mostra de Venise où il a été montré en septembre dernier. « Je m’y attendais, avoue le cinéaste, et je n’aurais sans doute pas trouvé de financement pour ce film si le premier n’avait pas eu un tel succès. » Il n’empêche que cette fresque en costumes offre une reconstitution éblouissante de la Hongrie des années 1910 donnant l’impression de pénétrer dans des tableaux vivants.