VIDEO. «"Meltem" montre que les migrants sont des êtres humains, pas des statistiques»

CONSCIENCE Dix ans après « Welcome » de Philippe Lioret, Basile Doganis redonne un souffle humain au sujet des migrants dans « Meltem » en salle le 13 mars

Caroline Vié

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Daphne Patakia dans Meltem de Basile Doganis
Daphne Patakia dans Meltem de Basile Doganis — Jour2Fête
  • « Meltem » confronte trois jeunes touristes français à un Syrien de leur âge.
  • Les plages paradisiaques de Grèce servent de décor à cette rencontre qui va changer leurs vies.
  • Le réalisateur montre que leur vision des choses évolue quand ils découvrent les épreuves que subit un véritable réfugié.

Le «Meltem » est un vent du Nord qui souffle entre la Grèce et la Turquie. C’est aussi le titre idéal pour le film de Basile Boganis dans lequel se croisent trois jeunes Français et un migrant syrien sur l’île grecque de Lesbos.

« Meltem montre que les migrants sont des êtres humains, pas des statistiques », confie le réalisateur à 20 Minutes. Il a coécrit avec Fadette Drouard, coscénariste de Patients, cette belle histoire de solidarité qui prend le spectateur au débotté par sa force tranquille.

Des jeunes dans le vent

Venus pour réfléchir sur leur avenir, leurs amours et leurs études, les vacanciers prennent un sacré coup de maturité au terme d’aventures tragiques mettant leurs convictions à rude épreuve. « Ils sont tous d’origines différentes et leurs familles ont donc été migrantes, explique Basile Doganis. Ils ont oublié cela et le choc que procure la découverte d’un réfugié est comme une piqûre de rappel. » Venus de banlieue et plutôt insouciants, les protagonistes ont une certaine forme d’égoïsme que cette expérience va modifier profondément.

Le choc de deux mondes

Basile Doganis a pris le temps de faire mûrir son intrigue. « J’avais été frappé en 2015 lors d’un voyage en Grèce, se souvient-il. Voir des vacanciers heureux et des réfugiés miséreux se côtoyer dans un décor de rêve a nourri mon film tant le choc entre ces deux mondes était brutal. » Ses héros, émus par la détresse du Syrien, oublient leur attitude mesquine pour découvrir ce qu’est la solidarité dans un pays où aider les migrants est illégal. Pour mieux faire comprendre la situation, Basile Doganis a tourné dans de véritables camps de réfugiés dont la dureté contraste avec la douceur de vivre des touristes.

Des hommes, pas des statistiques

Les amis n’hésitent pas à se mettre en mauvaise posture pour apporter leur aide au migrant une fois qu’ils ont appris à le connaître et à comprendre sa situation. « C’est en voyant le problème de la migration s’incarner sous les traits d’un garçon de leur âge qu’ils changent d’attitude. Ils se disent tout bêtement qu’ils pourraient être à sa place », dit le réalisateur. Meltem, œuvre pudique, ne donne pas de leçons mais laisse la réflexion du public s’épanouir au fil de son intrigue.