Travailler sur «The house that Jack built» de Lars von Trier a fini par miner les responsables des effets spéciaux

SFX Stéphane Vogel explique à « 20 Minutes » comment il a travaillé sur les effets spéciaux de « The house that Jack built » sorti en DVD depuis le 5 mars

Caroline Vié

— 

Bruno Ganz et Matt Dillon dans The House That Jack Built de Lars Von Trier
Bruno Ganz et Matt Dillon dans The House That Jack Built de Lars Von Trier — Les films du Losange
  • Le Français Stéphane Vogel a travaillé sur les effets spéciaux de « The house that Jack built » de Lars Von Trier.
  • Il a trouvé que le réalisateur ne ressemble en rien à son film violent.
  • Sa besogne sur cette œuvre vénéneuse avait quand même fini par torpiller son moral.

Etre responsable des effets spéciaux d’un film de Lars Von Trier peut ne pas être de tout repos. Stéphane Vogel l’a découvert en supervisant les effets visuels de The House That Jack Built, sorti en vidéo chez Potemkine.

Dans cette comédie (très) noire, un tueur en série joué par Matt Dillon évoque ses crimes favoris à un mystérieux interlocuteur campé par l’énigmatique Bruno Ganz. Stéphane Vogel et l’équipe de Buf ont aidé le réalisateur à donner vie à sa vision. « Nous avions déjà collaboré avec Lars Von Trier pour Nymphomaniac où nous ajoutions les visages des acteurs connus sur les corps pour les scènes X, se souvient-il. Pour Jack, le travail était très différent. »

Des meurtres réalistes

Les magiciens de Buf étaient chargés de rendre les scènes de meurtre le plus réalistes possibles. « Nous avons peu vu Lars von Trier lui-même car nous travaillions directement avec son responsable des effets spéciaux Peter Hjorth qui nous transmettait ses instructions. »

Ces dernières étaient très précises, même s’il fallait parfois tâtonner pour satisfaire les désirs du cinéaste. « Il tenait à ce que les meurtres soient crédibles tant dans les attitudes des cadavres que dans les plaies », explique Stéphane Vogel.

Enfant mort et sein coupé

L’équipe de Buf s’est donc rendue sur le tournage pour être certaine d’obtenir les images indispensables afin de pouvoir les retravailler en studio. « L’une des séquences les plus délicates a été celle où un gamin se fait tirer dessus, dit Séphane Vogel. Il a fallu refaire la chute de l’enfant en images de synthèse car elle ne semblait pas naturelle en prises de vues réelles. »

Un sein coupé, un visage écrasé et une lame de couteau pénétrant un cou lui ont aussi donné du fil à rertordre tout comme la vision de l’enfer où les protagonistes évoluent sur un fleuve de sang.

Doux et attendrissant

« Les échanges que nous avions avec Lars lui-même n’avaient pas la brutalité de son film, explique Stéphane Vogel. C’est un homme très doux, presque attendrissant ». L’humour sombre contenu dans le film ne lui est apparu qu’au moment de la projection à Cannes.

« Quand vous voyez des gens se faire massacrer pendant six mois d’affilée, ça finit par vous miner le moral, reconnaît-il. Nous étions tous devenus très irritables à la fin du projet. » Cela n’empêche pas Stéphane Vogel d’être fier de son travail. « Je recommencerai à bosser pour Lars Von Trier s’il le demande, affirme-t-il car son univers est vraiment unique ». Le spectateur pourra juger sur pièces grâce au Blu-Ray et au DVD.

(Potemkine : Blu Ray/20 euros)