«Jusqu'ici tout va bien»: «Une réponse par l'humour à la violence en banlieue», selon Mohamed Hamidi

COMEDIE Le réalisateur Mohamed Hamidi explique à «20 Minutes» pourquoi il a choisi de faire une comédie sur les cités pour «Jusqu'ici tout va bien» en salle le 27 février

Caroline Vié

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Gilles Lellouche et Malik Bentalha dans Jusqu'ici tout va bien de Mohamed Hamidi
Gilles Lellouche et Malik Bentalha dans Jusqu'ici tout va bien de Mohamed Hamidi — Mars Films
  • « Jusqu’ici tout va bien » montre l’installation d’une agence de communication parisienne à La Courneuve.
  • S’ensuit un amusant choc des univers porté par Gilles Lellouche, Malik Bentalha et Sabrina Ouazani en acteurs complices.
  • le réalisateur de « La Vache » a souhaité montrer un visage plus riant de la banlieue que celui qu’on a l’habitude de voir au cinéma ou dans les médias.

Halte aux clichés déprimants et bienvenue au rire revigorant ! Jusqu'ici tout va bien de Mohamed Hamidi envoie une agence de communication parisienne s’installer à La Courneuve. Le choc des cultures est bénéfique pour tout le monde dans cette comédie vitaminée, prix du public au Festival de l’Alpe d’Huez et coproduit par Jamel Debbouze.

Gilles Lellouche en publicitaire charismatique, Malik Bentalha en gars de la cité maladroit mais plein de bonne volonté et Sabrina Ouazani en ex-banlieusarde sont tous excellents pour faire triompher la bonne humeur. « Jusqu’ici tout va bien est une réponse aux films montrant la violence en banlieue. J’avais envie de parler d’une autre réalité plus optimiste », explique Mohamed Hamidi à 20 Minutes.

Le rire plutôt que "Le Haine"

Le fondateur du Bondy Blog, entré en cinéma avec La Vache et Né quelque part, connaît bien son sujet. « Il ne faut pas croire que tous les jeunes des cités sont des délinquants, la plupart aimeraient trouver du boulot et se montrent à la hauteur quand ils sont recrutés », confie-t-il. Le titre de son film évoque une scène de La Haine quand un homme tombant dans le vide murmure « Jusqu’ici tout va bien » avant de s’écraser sur le sol. « Je n’y ai pas pensé tout de suite, mais il est certain que le film de Mathieu Kassovitz a eu un impact important sur la représentation de la banlieue au cinéma », dit le réalisateur.

Une autre façon de voir les choses

Parmi ses films de chevets, Mohamed Hamidi cite aussi Chouf de Karim Dridi et Divines de Houda Benyamina. « Ce sont des œuvres puissantes que j’apprécie mais j’estimais qu’il y avait de la place pour une autre façon de voir les choses », admet-il. Jusqu’ici tout va bien choisit un ton plus léger comment des stagiaires des cités, recrutés pour éviter un redressement fiscal, se révèlent non seulement très performants mais aussi d’excellents camarades de travail. « Je suis peut-être naïf mais j’aimerais que les spectateurs de mon film réfléchissent aux idées reçues que certains médias martèlent sur les habitants des banlieues. »

Délinquants mais pas trop

Ce n’est pas pour autant que Mohamed Hamidi angélise ses personnages ou fait fi des problèmes de délinquance que rencontrent les héros. Une petite frappe violente tente de pourrir la vie de l’entreprise et des gamins sur le fil du rasoir entre le bon et le mauvais chemin les rackettent gentiment. « Dire que tous les habitants des cités sont des bandits parce que le cinéma les montrent souvent ainsi reviendrait à prétendre que tous les Italo-Américains sont des mafieux après avoir vu Le Parrain et Les Affranchis ! » Jusqu’ici tout va bien mérite son titre en faisant sortir le spectateur de la salle avec moinns de préjugés et une vraie banane.