VIDEO. Comment « Wardi » retrace l’histoire de la Palestine en animation

ANIMATION Mats Grorud explique à « 20 Minutes » les raisons qui l’ont poussé à raconter l’histoire de la Palestine en animation dans « Wardi » au cinéma le 27 février  

Caroline Vié

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« Wardi », de Mats Grorud.
« Wardi », de Mats Grorud. — Jour 2Fête
  • Une fillette découvre l’histoire des réfugiés palestiniens qui constituent sa famille.
  • « Wardi » mélange les techniques d’animation pour donne un résultat bouleversant.
  • Le réalisateur met l’accent sur le rôle des femmes dans cette œuvre humaniste présentée hors compétition au Festival d’Annecy.

C’est sa mère, infirmière au Liban, qui a modelé son engagement pour faire connaître au monde la vie des réfugiés et l’histoire des Palestiniens. Le Norvégien Mats Grorud raconte l’histoire de la Palestine avec Wardi, film d’animation présenté hors compétition au festival d'Annecy. Il l’explique par l’intermédiaire d’une fillette qui interroge diverses générations des membres de sa famille dans un camp de réfugiés palestiniens à Beyrouth, au Liban.

« Wardi est une gamine qui ne s’intéresse pas au passé, explique le réalisateur à 20 Minutes. Elle change d’avis quand elle voit son arrière-grand-père adoré décliner. Cela la pousse à le questionner avant son décès. » Mats Grorud fait suivre ce processus intellectuel et sentimental au spectateur en même temps qu’à la gamine qui découvre à la fois l’histoire de sa famille et celle de son peuple.

L’animation comme une évidence

Un mélange de marionnettes pour le présent, d’animation 2D pour les flash-back et de quelques photos puisées dans les albums de proches du cinéaste donne un cachet particulier au film. « L’animation est un moyen idéal pour enseigner l’histoire de façon attrayante, dit Mats Grorud. Les prises de vues réelles ne m’auraient pas permis d’apporter une dimension poétique. » Le mélange des textures était un choix aussi économique qu’esthétique. « Un film comme le mien est difficile à financer, il fallait donc ruser en panachant les techniques onéreuses comme le stop-motion aux moins coûteuses comme l’animation traditionnelle. »

Les uns sur les autres

De ces contraintes d’argent, Mats Grorud a fait émerger l’identité de Wardi, patchwork bouleversant. Il est allé passer un an dans un camp de réfugiés pour nourrir son film. « Le titre original de Wardi est La Tour car, dans le camp, les bâtiments s’élèvent à la verticale au fil des années, explique-t-il. Comme le terrain est fermé, les nouveaux arrivants s’empilent littéralement sur les anciens. » La jeune héroïne suit cette ascension pour découvrir l’histoire des siens afin de mieux préparer son propre avenir. Ses échanges avec sa tante et sa mère sont parmi les plus émouvants du film tant ils soulignent la difficulté pour les femmes d’exister dans ce monde machiste.

La force des femmes

« J’ai choisi de mettre en scène une héroïne pour lui rendre hommage mais aussi parce que j’estime que les femmes incarnent à la fois une force incroyable et un avenir que j’espère plus joyeux », martèle Mats Grorud. C’est sur une note optimiste que se termine Wardi, œuvre humaniste et généreuse.