César 2019: Et si les outsiders raflaient les statuettes promises aux favoris?

PRONOSTICS Certains sont donnés gagnants aux César, peut-être un peu rapidement : « 20 Minutes » fait le point sur ceux qui pourraient leur voler la vedette lors de la cérémonie de ce vendredi 22 février, retransmise en clair sur Canal +

Caroline Vié

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Mathieu Amalric, Philippe Katerine, Benoôt Poelvoorde, Jean-Hughes Anglade et Guillaume Canet dans Le Grand Bain de Gilles Lellouche
Mathieu Amalric, Philippe Katerine, Benoôt Poelvoorde, Jean-Hughes Anglade et Guillaume Canet dans Le Grand Bain de Gilles Lellouche — Mika Cotellon/StudioCanal
  • Certains films et personnalités sont donnés gagnants aux César, peut-être un peu rapidement.
  • D’autres peuvent très bien créer la surprise au moment de l’annonce des résultats.
  • « Le Grand bain » et « Jusqu’à la garde » devraient remporter la mise mais rien n’est jamais certain avant la cérémonie.

Les César, c’est ce vendredi soir à partir de 21 heures à la salle Pleyel et en clair sur Canal +. Avant que le maître de cérémonie, Kad Merad ne lance cette 44e cérémonie où Robert Redford recevra un César d’honneur, on n’a qu’une certitude : celle que Les Tuche 3, et leurs 5,7 millions de spectateurs (meilleure fréquentation de l’année), obtiendront le César du public !

Le Grand bain et Jusqu’à la garde sont donnés grands favoris avec dix nominations chacun. Mais cela ne leur assure pas la victoire ! L’an dernier, Le Sens de la fête était nommé neuf fois avant de repartir bredouille. 20 Minutes a imaginé quels outsiders pourraient souffler les récompenses au détriment des favoris présumés.

Meilleur film : « La Douleur »

Là où Le Grand bain de Gilles Lellouche et ses champions de natation synchronisée semblent nager benoîtement vers la victoire. La Douleur d’Emmanuel Finkiel va ravir la statuette par surprise avec son histoire d’amour torturée au cœur de la seconde guerre mondiale. Un sujet pas vraiment rigolo mais la puissance de cette adaptation d’un roman de Marguerite Duras serait l’occasion pour l’Académie de montrer qu’elle a des Lettres. Et qu’elle connaît l’Histoire.

Meilleure mise en scène : Jacques Audiard

Le règlement de l’Académie interdisant de recevoir à la fois le César de la mise en scène et du Meilleur film, la victoire de Xavier Legrand pour Jusqu’à la garde, drame sur les violences conjugales, semblait acquise. Et bien non. C’est Jacques Audiard pour Les Frères Sisters qui va l’emporter. Moins pour la soif d’aventure que le film étanche que pour les audaces et la qualité de la mise en scène d’un grand réalisateur, reconnu comme tel par la plupart des votants.

Meilleure actrice : Adèle Haenel

Que Léa Drucker (Jusqu’à la garde) remporte le César serait fort légitime car elle est profondément juste dans la peau d’une femme tentant de protéger son fils d’un ex-mari violent. Mais c’est  Adèle Haenel qui va gagner le César pour En Liberté!, la tordante comédie policière de Pierre Salvadori. L’actrice a rarement eu l’occasion de montrer qu’elle pouvait être drôle et les votants vont se montrer sensible à la révélation d’un talent comique.

Meilleur acteur : Alex Lutz

Denis Ménochet, terrifiant en père brutal dans Jusqu’à la garde, avait déjà fait de la place pour un César sur sa cheminée. Mais Alex Lutz, pour Guy, documenteur autour d’un chanteur de variété, va le coiffer au poteau. Qui ne préférerait pas pousser gaiement la chansonnette avec Lutz plutôt que de souffrir avec Ménochet, sa femme et son gamin persécutés ?

Meilleur second rôle féminin : Isabelle Adjani

Leilä Bekhti et sa grande gueule au langage fleuri ont tout pour amener les votants à accorder leurs faveurs, ne serait-ce que pour éviter de voir la coach en fauteuil roulant du Grand bain venir les insulter en cas d’échec ! Mais c’est l’iconique revenante  Isabelle Adjani, parfaite en redoutable maman mafieuse du Monde est à toi de Romain Gavras, qui va glisser la statuette dans son sac à main.

Second rôle : Denis Podalydès

Philippe Katerine, craquant homme-enfant du Grand bain avait tout pour réussir. Son partenaire Jean-Hughes Anglade délicieux en rocker au grand cœur aussi. Incapables de les départager, les votants désignent Denis Podalydès, qui porte seul les couleurs de Plaire, aimer et courir vite lors de la cérémonie. Les plus fans du film parmi les votants auront convaincu leurs collègues d’honorer malgré tout le film de Christophe Honoré.

Film étranger : « Capharnaüm »

Girl de Lukas Dhont, l’histoire d’une ballerine prisonnière dans un corps de garçon, fait évidemment figure de favori, mais il a déjà remlporté tellement de prix. Au contraire des adorables bouilles de gamins des rues de Capharnaüm, qui sont un peu passées inapercues. La victoire du film de Nadine Labaki permet à l’Académie d’avoir l’impression de faire une bonne action en sortant des paillettes pour dénoncer la misère du monde.

Meilleur film d’animation : « Astérix »

Archi favori, Dilili à Paris de Michel Ocelot et sa petite héroïne débrouillarde est bien dans l’air du temps ! Et pourtant, ce sont les irréductibles Gaulois d’Astérix: Le Secret de la potion magique qui vont embarquer César dans leur village ! Parce que tout le monde adore Astérix et Alexandre Astier. Et que le speech du créateur de Kaamelott devrait être un grand moment, à condition que le barde n’essaye pas de chanter.