«Grâce à Dieu»: Comment le comédien Bernard Verley s'est glissé dans la peau du père Preynat

JEU D'ACTEUR Le comédien Bernard Verley explique à « 20 Minutes » comment il est parvenu à incarner un prêtre accusé de pédocriminalité dans « Grâce à Dieu » en salle le 20 février

Caroline Vié

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Bernard Verley et Melvil Poupaud dans Grâce à Dieu de François Ozon
Bernard Verley et Melvil Poupaud dans Grâce à Dieu de François Ozon — Mars Films
  • Bernard Verley incarne le père Preynat, accusé d’avoir abusé d'enfants.
  • Il a fait une confiance totale à François Ozon pour « Grâce à Dieu », tout en éprouvant un certain malaise à jouer ce personnage.

Face à lui, Melvil Poupaud, Denis Ménochet, Eric Caravaca et Swann Arlaud font partie des victimes adultes qui l'accusent de les avoir abusées quand ils étaient enfants. Il a fallu à Bernard Verley un sacré courage pour jouer un personnage du père Preynat, prêtre accusé de pédocriminalité.

« Je n’ai pas hésité à accepter le rôle, explique le comédien à 20 Minutes. Je trouvais ce que raconte le film important et j’avais une confiance totale en François Ozon pour ne jamais tomber dans le sordide. »

Bernard Verley, connu des cinéphiles pour avoir joué dans L'Amour l'après-midi d' Eric Rohmer dans les années 1970, a dosé les effets pour être crédible dans la peau de l’homme d’Eglise. « Je ne lui ai pas cherché d’excuse mais j’ai tenu à faire apparaître sa part d’humanité car j’estime que tout le monde en a une », insiste l’acteur.

Une part d’humanité

Le regard presque naïf du vieil ecclésiatique fait passer des frissons dans le dos quand il  rencontre son premier accusateur (joué par Melvil Poupaud impeccable). « On voit alors qu’il ne regrette rien, reconnaît Bernard Verley. Il a commis ses actes comme dans une espèce de mysticisme horrible et est inconscient du mal qu’il a fait aux enfants. » Dans le film, le prêtre admet d’ailleurs facilement ses actes et n’en demande pas pardon au grand dam de sa victime.

Un devoir de comédien

Pour entrer dans son rôle, Bernard Verley a étudié les interrogatoires du père Preynat. « J’estime qu’il est de mon devoir de comédien d’incarner aussi des personnages comme celui-ci, martèle-t-il. Mais ce n’était pas évident : je me sentais dans un état de malaise bizarre, difficile à décrire, quand je devais le jouer. »

Sa prestation dérangeante constitue un élément indispensable dans Grâce à Dieu. C’est parce que l’acteur rend parfaitement le charisme du Père Preynat que le spectateur comprend comment les enfants ont pu être sidérés en sa présence. « Il était très apprécié de ses paroissiens, ce que je montre aussi », insiste Bernard Verley.