Denys Arcand: «"La Chute de l'Empire américain" parle de l’état du monde où nous vivons»

POLAR Denys Arcand explique à « 20 Minutes » pourquoi il a choisi le polar pour « La Chute de l’Empire américain », en salle le 20 février

Caroline Vié

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Alexandre Landry, Maripier Morin et Rémy Girard dans La Chute de l'empire américain de Denys Arcand
Alexandre Landry, Maripier Morin et Rémy Girard dans La Chute de l'empire américain de Denys Arcand — Jour2Fête
  • Le réalisateur du « Déclin de l’Empire américain » et des « Invasions barbares » achève sa trilogie par un polar.
  • « La Chute de l’Empire américain » tourne autour d’une somme d’argent ramassée par un livreur après un hold-up sanglant.
  • Le cinéaste livre un constat lucide mais optimiste sur la société actuelle.

Denys Arcand signe un polar haletant : La Chute de l’Empire américain, dernier volet d’une trilogie entamée par Le déclin de l’Empire américain (1986) et Les Invasions barbares. « La Chute de l’Empire américain parle de l’état du monde où nous vivons », confie le réalisateur québecois à 20 Minutes.

Un jeune livreur est témoin d’un hold-up sanglant et ramasse un sac d’argent au milieu des corps des bandits. Ses ennuis commencent quand il se retrouve coincé entre les flics, les gangsters et une ravissante prostituée de luxe. « Le polar est une bonne façon de distraire le spectateur tout en le conduisant à réfléchir », insiste Denys Arcand.

D’après des faits presque réels

Le livreur incarné par Alexandre Landry fait alors appel à un spécialiste des arnaques financières récemment sorti de prison, Rémy Girard, acteur fétiche de Denys Arcand. « Je me suis inspiré d’un fait divers, un règlement de compte entre malfrats qui a eu lieu à Montréal et qui m’a traumatisé par sa violence », explique le réalisateur. Avec l’aide d’un ami policier, il a bâti un scénario aussi diabolique que réaliste. « J’ai découvert qu’on pouvait faire voyager des sommes énormes de pays en pays de façon qu’on ne puisse plus déterminer d’où elles viennent à l’origine », souligne-t-il.

Le choix du polar

L’intrigue policière lui a semblé être la meilleure façon de traiter son sujet. « C’est venu tout naturellement cette envie de faire un polar, avoue Denys Arcand. Cela me permettait de m’éloigner du milieu universitaire que j’ai beaucoup montré et de parler de différentes générations. » La plupart de ces personnages sont désargentés et vont comprendre que la solidarité est la seule façon de survivre dans un monde violent. « Je suis optimiste pour l’avenir, dit-il. Mon film montre que chacun peut changer le monde à son niveau. » C’est le cas de ses héros qui finissent par prendre fait et cause pour des SDF.

Le pouvoir de l’argent

Le titre de travail de La Chute de l’Empire américain était Le Pouvoir de l’argent. « On m’a dit que ce n’était pas assez commercial. Pourtant, c’est bien l’argent qui fait tourner le monde, insiste Denys Arcand. Tout dépend de l’usage qu’on en fait. » Son film joyeusement amoral démontre qu’on peut accomplir de belles choses quand on s’y prend bien. Quant au réalisateur de 77 printemps, il va se remettre au travail : son prochain projet est une comédie sur le « politiquement correct » et ses dérives.