VIDEO. «Deux fils»: «Benoît Poelvoorde est un père idéal entre fantasme et réalité» selon Félix Moati

TEL PERE, TEL FILS Acteur devenu cinéaste, Félix Moati évoque son désir de rendre hommage à ceux qu’il aime dans « Deux fils », son premier film qui sort le 13 février

Caroline Vié

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Benoît Poelvoorde dans Deux fils de Félix Moati
Benoît Poelvoorde dans Deux fils de Félix Moati — Le Pacte
  • Félix Moati signe « Deux fils », son premier long-métrage en tant que réalisateur et il est drôle et touchant.
  • Benoît Poelvoorde y incarne un père lunaire face à Vincent Lacoste.
  • Le jeune réalisateur s’est entouré d’amis pour lancer une déclaration d’amour à ses proches.

Pour son premier long-métrage comme réalisateur, l’acteur  Félix Moati s’attaque à la figure du père. Deux fils réunit Vincent Lacoste et le débutant Mathieu Capella autour d’un géniteur capricieux incarné par Benoît Poelvoorde.

« Benoît Poelvoorde est un père idéal entre fantasme et réalité, explique le jeune réalisateur à 20 Minutes. C’est son regard empli de bienveillance qui m’a donné envie de lui confier ce personnage. » Le papa du film, auteur raté, sacrifie son cabinet de médecin pour se lancer dans l’écriture malgré son manque de talent évident.

Une affaire de famille

Rien à voir avec le vrai père de Félix, le journaliste, réalisateur et producteur Serge Moati, dont le fils est ainsi devenu acteur (Hippocrate) puis réalisateur à 28 ans. « Tous les pères sont fascinants, surtout à l’âge où l’on se sent devenir un homme et où l’on a envie de dire à ses proches, de façon pudique, qu’on les aime », explique le jeune cinéaste. C’est pour cela que Félix Moati s’est entouré de comédiens qu’il connaît bien. « J’avais envie de capter le visage de mon ami Vincent Lacoste, un acteur qui ne sait pas être mauvais, mais aussi de saisir le vertige que provoque Anaïs Demoustier. » Qu’elle soit professionnelle ou personnelle, réelle ou fictive, la famille constitue le thème central de Deux fils.

Une affaire d’hommes

Le trio masculin que décrit le film n’a pas peur de laisser apparaître ses failles : Benoît Poelvoorde est particulièrement touchant en quinquagénaire qui s’accroche à son rêve au grand dam de ses fistons. « Je me suis intéressé à la masculinité blessée, aux interrogations qu’implique le fait d’être un homme de nos jours », insiste Félix Moati. L’amour paternel et la tendresse filiale affleurent dans cette comédie. « L’humour est une façon de se protéger face aux petits arrangements qu’on fait avec soi-même pour éviter de sombrer dans la dépression », dit-il. Chacun trouve sa façon de résister : alcool, écriture ou ressassement d’un chagrin d’amour constituent d’excellents refuges.

Une affaire de cœur

« Je rêve que tout le monde retrouve un peu de son père dans mon film », avoue Félix Moati. La folie douce-amère qui nimbe l’ensemble prouve qu’il a su trouver le bon ton pour parler d’une famille et du moment délicat où les enfants se sentent responsables de leurs parents. Deux fils, œuvre délicatement drôle, se révèle avant tout une affaire de cœur.