VIDEO. «Une intime conviction»: Pourquoi Olivier Gourmet a refusé de «copier-coller Eric Dupond-Moretti»

PROCES Olivier Gourmet explique à « 20 Minutes » comment il est devenu l’avocat Eric Dupond-Moretti dans « Une intime conviction » au cinéma le 6 février

Caroline Vié

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Olivier Gourmet dans Une intime conviction d'Antoine Raimbault
Olivier Gourmet dans Une intime conviction d'Antoine Raimbault — Séverine Brijeot/Memento Films
  • « Une intime conviction » revient sur l’affaire Viguier, l’histoire vraie d’un homme accusée d’avoir tué sa femme.
  • Olivier Gourmet incarne brillamment Eric Dupont-Moretti, avocat de la défense.
  • L'acteur s’est inspiré du langage corporel et des intonations du juriste pour lui donner vie à l’écran.

Physiquement, Olivier Gourmet ne ressemble pas vraiment à l’avocat Eric Dupond-Moretti. L’acteur l’incarne pourtant de façon convaincante dans Une intime conviction d' Antoine Raimbault.

Le film s’inspire de l’affaire Viguier, l’histoire vraie d’un homme accusé d’avoir tué sa femme disparue en 2000 dont le corps n’a jamais été retrouvé. Le réalisateur a ajouté à son scénario une jeune femme incarnée par une  Marina Foïs vibrante, résolue à démontrer l’innocence du prévenu. Ce personnage permet au réalisateur d’apporter une dimension supplémentaire au récit, tout en restant fidèle à la réalité du procès auquel il a personnellement assisté. Un ami, le cinéaste Karim Dridi qui pensait que cela ferait un bon scénario et l’a convaincu de s’y rendre. « Il a changé ma vie même si j'ai longtemps cru que cette affaire était trop complexe pour en faire un film, » dit Antoine Raimbault.

Des détails révélateurs

Antoine Raimbault connaît bien Eric Dupond-Moretti. C’est même lui qui a mis l’avocat en contact avec la famille Viguier en 2009 pour le procès en appel. « Eric et Marina ont d’abord milité pour que Gérard Depardieu incarne le rôle de maître Dupond-Moretti, explique le réalisateur à 20 Minutes. Je les ai convaincus qu’ Olivier Gourmet était une meilleure idée. Il sait s’effacer pour devenir son modèle dont il reproduit l’ADN. » Cigarette au bec, gabardine sur le bras et valise sur roulettes à la main, l’acteur a capturé le langage corporel du grand avocat en quelques détails. Ceux avec lesquels on peut l’identifier d’un coup d’œil.

Un thriller judiciaire

« Je n’ai pas voulu effectuer un copier-coller d’Eric Dupond-Moretti, précise Olivier Gourmet. Je faisais ce que j’appelle du « plus ou moins », reproduisant certaines de ses attitudes, de ses intonations ou de ses mimiques. » Quiconque a vu l’avocat au théâtre de la Madeleine où il joue son seul en scène A la barre, sera surpris par la façon dont l’acteur a su s’approprier l’essence de son modèle. « Ce qui m’a intéressé n’est pas la performance, insiste le comédien. Mais cette forme de thriller judiciaire qui permet de défendre la notion d’une justice où le doute profite à l’accusé. » Qu’il connaisse ou non l’issue du procès, le spectateur est scotché par ce récit haletant.

Face aux témoins

Antoine Raimbault n’a pas ménagé son interprète. Avec ses partenaires, Olivier Gourmet a dû participer à une reconstitution du procès où il lui a fallu cuisiner l’ex-compagne de Jacques Viguier. « Je devais lui parler en tant qu’avocat et c’était embarrassant de la questionner sur des choses intimes, avoue le comédien. Je préparais un rôle et elle revivait un moment tragique de sa vie. » Olivier Gourmet avoue cependant que cet exercice l’a aidé à mieux cerner le dossier et son personnage. « A mon sens, la force d’Antoine Raimbault est d’avoir su mêler la fiction et la réalité sans trahir les protagonistes de l’affaire », reconnaît-il. Et de signer un film palpitant de bout en bout.