VIDEO. «Tout ce qu'il me reste de la révolution»: Judith Davis n'est pas si seule pour faire rire

COMEDIE L'actrice et réalisatrice Judith Davis parle avec « 20 Minutes » de sa brillante comédie politique « Tout ce qu’il me reste de la révolution », en salle le 6 février

Caroline Vié

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Judith Davis, réalisatrice et actrice de Tout ce qu'il me reste de la révolution
Judith Davis, réalisatrice et actrice de Tout ce qu'il me reste de la révolution — Agat Films/UFO
  • Dans « Tout ce qu’il me reste de la révolution », une jeune chômeuse s’engage contre les injustices sociales.
  • Judith Davis incarne cette femme déterminée un brin timorée quand il s’agit de sentiments.
  • Elle réalise elle-même ce premier film franchement réjouissant.

Judith Davis est une jeune femme en colère, ce qui ne l’empêche pas d’avoir un sacré humour. Dans Tout ce qu’il me reste de la révolutionqu’elle réalise, l’actrice incarne aussi Angèle, chômeuse trentenaire engagée contre les injustices sociales.

Avec la coscénariste Cécile Vargaftig, Judith Davis offre un état des lieux de la France d’aujourd’hui, où l’obligation de rentabilité fait souffrir la population. « On ne peut pas être fier de sa journée de boulot quand on est payé pour vendre des connexions Internet par téléphone à des mamies qui n’ont pas d’ordinateur », explique-t-elle à 20 Minutes. Cette douleur est le sujet de son film qui parvient à être pourtant très drôle, grâce à son sens de l’autodérision.

L’engagement, des planches à l’écran

A l’origine, on trouve une pièce de théâtre créée en 2009 par le collectif L'avantage du doute. « Le film en est inspiré sans être vraiment une adaptation, précise Judith Davis. Le cinéma est ma manière de dire "je" après avoir longtemps travaillé en groupe. » Elle a soigné son personnage agressif et intransigeant, mais n’a pas négligé ses partenaires. Malik Zidi, Claire Dumas et Mireille Perrier apportent aussi leur fraîcheur à cette comédie politique. « Tout ce qu’il me reste de la révolution est une réflexion sur ce que peut être l’engagement aujourd’hui », martèle Judith Davis, dont l’héroïne dessine des graffitis en forme de doigt d’honneur sur les murs de la ville.

Les changements de tons, c’est bon

« Ce qui a été compliqué à vendre, c’est le mélange de genres, explique Judith Davis. Cela en dit long sur le calibrage des œuvres d’art qu’on doit mettre dans des cases pour en évaluer la rentabilité. » Les changements, qui font évoluer le spectateur entre fable politique, chronique familiale et comédie romantique, apportent une originalité revigorante au film. « Cette forme correspondait à nos vies actuelles où l’on doit être présent sur tous les fronts, dit-elle. Tout est sur les épaules de l’individu car il y a une désertion du politique. »

Un appel au dialogue

Les réunions tournant au pugilat, malgré « l’obligation d’être enthousiaste » votée en assemblée, offrent de beaux sourires au public. « Aujourd’hui, on vit dans une terreur constante en raison de l’évaluation permanente que la société nous fait subir, conclut Judith Davis. J’avais envie de parler de ça, donner envie aux gens de se parler, mais en faisant aussi passer de l’amour et de la joie. » Son héroïne, pasionaria 2.0., est beaucoup moins sûre d’elle pour ce qui concerne les sentiments…