VIDEO. Festival de Gérardmer : Classiques, pépites, films oubliés… On revient sur 25 ans de palmarès

FESTIVAL Successeur du célèbre festival d’Avoriaz, Géradmer continue, depuis 25 ans, de prendre le pouls du cinéma fantastique…

V. J.

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Drew Barrymore dans "Scream" (1997)
Drew Barrymore dans "Scream" (1997) — Les Films Number One

S’il y a de plus en plus de festivals du film fantastique, et de fans de cinéma de genre, Gérardmer est le festival historique en France. Enfin presque. En effet, s’il fait encore référence aujourd’hui, c’est que Gérardmer a repris le flambeau du célèbre festival d’Avoriaz, qui s’est tenu de 1973 à 1993 et a joué les précurseurs en célébrant Duel de Steven Spielberg, Carrie de Brian De Palma, Elephant Man de David Lynch ou Terminator de James Cameron.

Tous considérés aujourd’hui comme des classiques du cinéma de genre en particulier, et du cinéma en général. Egalement créé par Lionel Chouchan et toujours dans un cadre enneigé, le festival de Gérardmer, appelé un temps Fantastica puis Fantastic’Arts, continue de prendre le pouls du fantastique. La 26e édition commence mercredi, mais son palmarès a-t-il toujours vu juste entre classiques passés à la postérité, pépites à découvrir avant qu’il ne soit trop tard et films tombés dans l’oubli ?

Des classiques du genre

Alors qu’Avoriaz s’arrête sur le sacre de Peter Jackson pour le gorissime Braindead, Gérardmer célèbre son passage au merveilleux deux ans plus tard avec Créatures célestes, qui annonce son Seigneur des Anneaux et lance une certaine Kate Winslet. Du Jour de la bête d’Alex de la Iglesia, petite révolution en Espagne, à Scream, redéfinition du slasher, le festival ne ratera pas les grands jalons et grandes tendances du genre, avec l’horreur nippone des années 2000 (et les Grand Prix pour Dark Water et Deux soeurs), l’avènement cinéma fantastique espagnol avec L’Orphelinat, ou le glissement, la réappropriation, par le cinéma dit d’auteur, incarné par Morse, It Follows et le français Grave. La France, qui n’aura jamais été aussi présent que ces dernières années, avec également la victoire de Ghostland de Pascal Laugier en 2018.

Des pépites à découvrir

Avec ses jurys composés souvent de people, et pas forcément d’aficionados, le festival de Gérardmer a pu louper un ou deux films de genre incontournables, mais pour mieux récompenser des curiosités, des pépites, et autant de preuves de la richesse du cinéma. En 2006, Hostel d’Eli Roth et Wolf Creek de Greg McLean sont ainsi en compétition. Ils sont depuis devenus des références du torture porn, mais le jury récompense Isolation, film de monstre intimiste et flippant dans une petite ferme irlandaise. Sorti en toute discrétion dans les salles, le film ne connaîtra pas la carrière qu’il méritait, ni son réalisateur Billy O’Brien. Eli Roth, lui, a le droit à un hommage cette année.

Autre curiosité, Bone Tomahawk a beau avoir dominé une compétition pas folichonne en 2016, il ne connaîtra pas les honneurs du grand écran et sortira en direct-to-DVD en France. Ce mélange des genres, western cannibale, révèle pourtant un véritable auteur, S. Craig Zahler, dont la voix unique, sans concession, bouscule le cinéma hollywoodien film après film, mais toujours en vidéo. Si son prochain film choc, Dragged Across Concrete avec Mel Gibson, sort en salle, Gérardmer pourra dire qu’il savait.

Des films tombés dans l’oubli

Mais des fois, ça ne veut pas, et le jury mise sur le mauvais cheval. Qui se souvient ainsi de l’allemand The Door, avec Mads Mikkelsen, ou encore du scandinave Babycall, avec Noomi Rapace. Au mieux des séries B, qui, Grands Prix ou pas, masquaient surtout la faiblesse des films en compétition, et peut-être des films de genre, à l’époque. Mais le cas d’école reste la victoire en 2005 de Trouble, mauvais thriller avec deux Benoît Magimel, à la surprise de tous et au détriment d’un Saw, Calvaire ou La mort en ligne. Le réalisateur américain Barry Levinson (Rain Man) était alors président du jury. Que Benoît Delépine et Gustave Kervern, présidents de cette édition 2019, soient plus inspirés et aillent dans le sens de l’histoire, celle du festival et celle du fantastique.