VIDEO. «Si Beale Street pouvait parler» laisse éclater l'insolent talent de KiKi Layne

REVELATION La jeune actrice KiKi Layne évoque pour « 20 Minutes » son rôle de fiancée courageuse dans « Si Beale Street pouvait parler », en salle le 30 janvier…

Caroline Vié
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KiKi Layne dans Si Beale Street pouvait parler de Barry Jenkins
KiKi Layne dans Si Beale Street pouvait parler de Barry Jenkins — Mars Films
  • Le réalisateur de « Moonlight » révèle KiKi Layne dans « Si Beale Street pouvait parler ».
  • La jeune actrice incarne une fiancée tentant d’innocenter son promis injustement emprisonné pour viol.
  • Cette fable dénonce le racisme dans le Harlem de 1970.

Barry Jenkins a du nez ! Après avoir révélé Mahershala Ali, oscarisé en 2017 pour Moonlight, il lance la carrière de KiKi Layne avec Si Beale Street pouvait parler d’après le livre de James Baldwin (Stock).

L’actrice de 27 printemps incarne une jeune femme résolue à prouver l’innocence de son compagnon injustement emprisonné pour viol à Harlem, dans les années 1970. « C’est triste, mais notre pays n’a pas beaucoup évolué en ce qui concerne le racisme, confie l’actrice à 20 Minutes. C’est pour cela que ce que raconte le film est si important aujourd’hui. »

Complexe et réaliste

Le couple d’amoureux formé par la comédienne et Stephan James voit son avenir voler en éclat quand le fiancé est jeté en prison. « L’héroïne que j’incarne n’a pas encore 20 ans mais elle va mûrir soudainement face à l’adversité pour préserver celui qu’elle aime et l’enfant qu’elle porte. » La mère du jeune homme, interprétée par Regina King (Golden Globe et citée à l’Oscar pour sa prestation), l’épaule dans son combat. « Barry Jenkins donne la parole aux femmes noires en nous offrant des personnages complexes et réalistes », précise la comédienne. Le spectateur, indigné par cette erreur judiciaire, prend fait cause pour ces dames de poigne et de cœur.

Une plus grande visibilité

Le film de Barry Jenkins s’inscrit dans la mouvance d’un cinéma afro-américain fort dont Moonlight, Get Out et Black Panther notamment, ont impressionné KiKi Layne. « Ce dernier film est historique dans la façon dont il fait exister les Noirs dans le cinéma commercial, précise l’actrice. Il a mis les personnes de couleur en avant dans des rôles héroïques. J’aurais adoré y participer. » Le courage de son personnage dans Si Beale Street pouvait parler est tout aussi impressionnant. « J’ai pleuré en lisant le livre et le scénario en pensant toutes ces vies brisées par le racisme. » Les tête-à-tête des amoureux séparés par la vitre de la prison fendent le cœur.

Un combat permanent

« J’ai de la chance d’être actrice à l’époque où une femme noire peut obtenir des rôles intéressants », reconnaît KiKi Layne qu’on verra bientôt dans Captive Son, drame sis dans le Chicago de 1930. « Je sais que les victoires remportées par les femmes et les minorités demeurent fragiles et qu’il faut continuer à évoluer dans le bon sens ! » Cette attitude combative est digne de l’héroïne de Si Beale Street pouvait parler à qui KiKi Layne communique force et fragilité avec un talent ahurissant.