VIDEO. «Sorry To Bother You» veut déranger sans s'excuser

OVNI Le réalisateur Boots Riley brocarde le Rêve Américain et le politiquement correct avec un humour féroce dans « Sorry To Bother You », au cinéma le 30 janvier...

Caroline Vié

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Jermaine Fowler dans Sorry to Bother You de Boots Riley
Jermaine Fowler dans Sorry to Bother You de Boots Riley — Universal Pictures France
  • « Sorry To Bother You » mélange les genres pour faire rire le spectateur en le mettant mal à l’aise.
  • Les aventures d’un démarcheur téléphonique qui, par ambition, fait exploser les règles du politiquement correct, sont aussi fortes qu’originales.

Quel film étonnant que ce Sorry To Bother You de  Boots Riley ! Si le titre signifie « Désolé de vous déranger », l’auteur ne le respecte pas à la lettre et son héros non plus ! Dans la lignée de Get Out de Jordan Peel, ce film flirte avec le genre pour se révéler un brûlot réjouissant.

Après avoir fondé le groupe rap engagé The Coup, Boots Riley s’essaie au septième art pour torpiller le Rêve américain à coups de gags très politiquement incorrects. « La science-fiction est l’endroit où les auteurs radicaux vont se cacher car elle leur permet d’exprimer leurs idées par des métaphores », a-t-il confié au Guardian. 20 Minutes détaille comment le réalisateur s’y prend pour déranger sans s’excuser !

Son héros renie ses racines noires pour réussir

Les Noirs du film ne peuvent convaincre leurs clients qu’en prenant une « voix de Blanc » au téléphone. Le héros devient d’ailleurs un spécialiste de ce maquillage vocal absolument irrésistible en version originale. C’est le début d’une ascension sociale qui le mène progressivement à renier ses racines et ses proches parmi lesquels on reconnaît Tessa Thompson et Danny Glover.

Son héros vend des esclaves

Oui, vous avez bien lu ! Le héros incarné par Lakeith Stanfield vend des êtres humains pauvres et leur force de travail. Ces derniers, logés et nourris par leurs employeurs, n’ont plus aucun libre arbitre et semblent s’en contenter, laissant au spectateur son seul sourire pour conjurer le malaise qui s’empare de lui. Il est heureusement rassuré par la présence d’activistes résolus à torpiller le système…

Son héros est un salaud

Et oui, il n’est guère reluisant, ce jeune homme prêt à tout pour s’en mettre plein les poches. Boots Riley ne l’épargne pas, mais il n’est pas plus tendre avec son patron blanc, ordure hautaine dépourvue d’humanité. Il faut voir le jeune Noir devenir le bouffon d’une soirée où il doit amuser les invités de son patron…

Son héros fait des découvertes

Science-fiction, fable politique et histoire d’amour s’entremêlent habilement. On ne spoilera pas ce que l’horrible héros va découvrir au bout de son chemin professionnel. Disons simplement que son attitude cavalière trouvera un juste châtiment dans cette œuvre personnelle qu’on recommande à 300 % pour son audace et son insolence.