VIDEO. Omar Sy: «Avoir deux cultures est une force, pourquoi devrais-je en privilégier une?»

ORIGINES Pour « 20 Minutes », Omar Sy revient sur « Yao », film très cher à son cœur, tourné au Sénégal, en salle le 23 janvier…

Caroline Vié

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Lionel Louis Basse et Omar Sy dans YAO de Philippe Godeau
Lionel Louis Basse et Omar Sy dans YAO de Philippe Godeau — Nouma Bordj/Pathé
  • Dans « Yao », Omar Sy incarne un comédien français qui découvre ses racines africaines.
  • C’est la première fois que l’acteur tourne au Sénégal.
  • Il espère que ce film marquera une nouvelle étape pour la visibilité des Noirs à l’écran.

Impossible de ne pas se dire qu’il y a beaucoup d’Omar Sy dans Yao. Le réalisateur Philippe Godeau y décrit l’amitié improbable entre un acteur français qui découvre l’Afrique dont il est originaire et un jeune fan sénégalais (excellent Lionel Louis Basse).

 

« Je connaissais bien le Sénégal à titre personnel, explique Omar Sy à 20 Minutes, mais c’était la première fois que j’y tournais. Pour moi qui essaye de toujours compartimenter ma vie professionnelle et ma vie privée, c’était étrange de mêler les deux. » Il est fort émouvant dans la peau d’un acteur adulé s’initiant à sa culture en parcourant le pays sur le chemin censé le conduire au village de son jeune partenaire.

Le révolté du « Bounty »

Dans les dialogues du film, un Africain reproche au héros d’être un « Bounty », noir à l’extérieur, blanc à l’intérieur. « Je n’ai jamais subi ce genre d’insultes, insiste Omar Sy. Avoir deux cultures est une force et je ne vois pas pourquoi je devrais en privilégier une. »

A 41 ans, le comédien espère voir de plus en plus de comédiens noirs sur les écrans. « J’aimerais que Yao marque une nouvelle étape dans ce domaine car il est vrai qu’il n’existe pas de cinéma noir en France comme c’est le cas aux Etats-Unis. Les choses bougent mais pas assez vite. »

Ne pas toucher à « Intouchables »

Pour Omar Sy, Intouchables a eu une influence capitale sur la représentation des gens de couleur à l’écran. « Je suis conscient qu’on a pu juger mon personnage caricatural, reconnait-il. Mais il a ému tant de spectateurs - que ce soit en France ou à l’étranger - que je ne vois pas comment on peut se montrer aussi négatif. Je suis fier de mon rôle, comme du film. » Yao et son personnage complexe marquent une nouvelle étape dans la carrière du comédien qu’on verra aussi à bord du sous-marin du Chant du loup d’Antonin Baudy le 20 février.

Ne rien s’interdire

En attendant, Omar Sy ne se laisse pas intimider par le fait d’être la deuxième personnalité préférée des Français. « Je ne me considère pas comme un modèle, précise Omar Sy. Comme mon personnage dans Yao, je suis ravi si des gens sont inspirés par ma carrière, mais je ne me sens pas responsable d’eux. Je veux rester libre. » Libre d’être lui-même et libre d’avoir du cœur, à l’image de ce conte gorgé de soleil et d’humanité.