Le cinéma français a attiré deux fois moins de spectateurs dans le monde en 2018

DEGRINGOLADE Ce manque d’enthousiasme serait en partie dû à l’absence de films de Luc Besson…

20 Minutes avec AFP

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De gauche à droite : William Lebghil, Alban Ivanov, Vincent Macaigne, Jean-Pierre Bacri, Eye Haidara et Kévin Azaïs dans une scène du «Sens de la fête».
De gauche à droite : William Lebghil, Alban Ivanov, Vincent Macaigne, Jean-Pierre Bacri, Eye Haidara et Kévin Azaïs dans une scène du «Sens de la fête». — Gaumont Distribution

Un gros coup de mou. Après une très bonne année 2017, le cinéma français a attiré deux fois moins de spectateurs dans le monde en 2018, faute de locomotives comme le Valérian de Luc Besson, dans un marché en pleine mutation.

Le nombre de billets vendus pour les films en langue française et les productions majoritairement françaises s’est établi à 40 millions, deux fois moins que l’année précédente (-52 %), et les recettes ont elles aussi été divisées par deux à 237 millions d’euros (-51 %). Résultat : le cinéma français s’est mieux porté dans l’Hexagone (77 millions de billets vendus) qu’à l’étranger, contrairement aux années précédentes.

« Le sens de la fête » au top à l’étranger

En 2018, le plus gros succès de fréquentation à l’étranger est Taxi 5, avec 2,44 millions de billets vendus, mais le film ayant généré le plus de recettes est Le Sens de la fête, la comédie sur l’organisation d’un mariage signé d’Olivier Nakache et Eric Toledano, le duo d’Intouchables.

Le film a réalisé 1,67 million d’entrées dans le monde, suivi par La Ch’tite famille de Dany Boon, Belle et Sébastien 3 et Croc Blanc. Ces résultats globalement décevants avaient été anticipés par Unifrance, l’organisme chargé de la promotion du cinéma français à l’étranger, a indiqué son président jeudi.

Absence de Luc Besson et Europacorp

« Les films qui tirent la fréquentation vers le haut sont souvent des films Europacorp, réalisés ou produits par Luc Besson », souligne Serge Toubiana. Sans Lucy, Taken ou Valérian (30 millions d’entrées dans le monde l’an dernier), des opus de l’escarcelle Besson, « on revient à un chiffre correspondant au socle de fréquentation du cinéma français à l’étranger », dit-il.

Cette configuration a également pesé sur la fréquentation des films français en Asie, qui tombe au 5e rang des zones d’exportation du cinéma français, loin derrière l’Europe occidentale et l’Amérique latine.