VIDEO. «Doubles vies»: Olivier Assayas se lance dans la comédie et ça lui réussit

COMEDIE Le réalisateur de « Sils Maria » parvient à faire rire avec sa première comédie, « Doubles vies », en salle le 16 janvier...

Caroline Vié

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Juliette Binoche et Vincent Macaigne dans Doubles vies d'Olivier Assayas
Juliette Binoche et Vincent Macaigne dans Doubles vies d'Olivier Assayas — Ad Vitam
  • Olivier Assayas s’amuse avec le monde de l’édition à l’ère de la révolution numérique.
  • « Doubles vies » permet à une pléiade d’acteurs de se livrer à des joutes verbales tordantes.
  • Cette incursion du réalisateur dans le domaine de la comédie est une une franche réussite.

Avec Doubles vies, Olivier Assayas se lance dans la comédie et il entraîne Christa Theret,Juliette Binoche, Guillaume Canet et Vincent Macaigne dans de drôles de chassés-croisés sentimentaux à l’ère de l’édition numérique. De quoi changer la vie de ces Parisiens un brin autocentrés, dont il se moque avec délice.

Le milieu littéraire devient la Carte du Tendre que le réalisateur de Sils Maria et Personal Shopper parcourt pour y semer des graines d’humour bienvenues. Olivier Assayas n’était, jusqu’alors pas réputé pour sa tendance à la rigolade. 20 Minutes explique en quoi ce changement de genre lui réussit.

On est surpris

« Je suis conscient de n’avoir aucune crédibilité en tant qu’auteur de comédie, j’étais donc plutôt mal barré », avoue Olivier Assayas dans le dossier de presse. De cette faiblesse apparente, le réalisateur fait un atout ! Il surprend le spectateur et transforme ces histoires d’amour entre éditeur, auteur et leurs compagnes en vaudeville 2.0. Les tromperies des uns et des autres lui permettent d’analyser la société actuelle et de confronter des intellos à une réalité qu’ils ont souvent grand mal à appréhender. L’assistante parlementaire, fort bien jouée par Nora Hamzawi, souligne ce décalage.

On se délecte des dialogues

L’ombre de Woody Allen plane sur cette fantaisie. Olivier Assayas a soigné des conversations servies bien chaudes par des acteurs qui semblent s’en délecter. « Ce que génère le dialogue est le moteur de film, dit-il. Tout est porté par l’énergie du dialogue. » On pense aussi à Eric Rohmer dans la façon dont il explore le monde d’aujourd’hui avec une délicieuse ironie. Entendre Guillaume Canet défendre les livres de coloriages pour adultes face à Vincent Macaigne, auteur autoproclamé de « feel bad books », est un délice.

On sent que ses comédiens sont au taquet

« Le cinéma est un art collectif, les acteurs réinventent le film de l’intérieur, ils en construisent le sens », précise Oliver Assayas. Le charme pétillant de Christa Theret fait des merveilles face à Juliette Binoche en comédienne qui rêve de théâtre mais n’est connue que pour une série télévisée grand public. Côté garçons, Vincent Macaigne, plus bohème que jamais, contraste agréablement avec un Guillaume Canet, épatant en éditeur trop sûr de lui. Leurs joutes verbales pleines d’esprit (celle sur Le Ruban blanc de Michael Haneke est hilarante) font de Doubles vies un vrai moment de plaisir.