M. Night Shyamalan: «Les superhéros de "Glass" sont des divinités modernes»

THRILLER Le réalisateur revient pour « 20 Minutes » sur la notion de superhéros, à l'occasion de la sortie de « Glass », le 16 janvier…

Caroline Vié

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M. Night Shyamalan dirige Bruce Willis dans Glass
M. Night Shyamalan dirige Bruce Willis dans Glass — The Walt Disney Company
  • « Glass » brode sur la mythologie des superhéros.
  • M. Night Shyamalan, son réalisateur, se dit fan de ce type de récits depuis l’enfance.
  • Cette suite à « Split » et « Incassable » peut donner l'impression de participer aux jeux d'enfant du cinéaste.

M. Night Shyamalan s’amuse comme un gamin à revisiter le mythe du superhéros dans Glass. Il entraîne le spectateur avec lui dans ce voyage ludique et anxiogène autour des personnages d’ Incassable et de Split. Tous se retrouvent enfermés dans un hôpital psychiatrique pour y subir de terribles expériences.

Elijah aux os de verre (Samuel L. Jackson), Kevin aux multiples personnalités ( James McAvoy) et David presque invincible ( Bruce Willis) sont-ils fous à lier ou de véritables superhéros ? « Mon film décortique cette question en jouant sur la mythologie avec laquelle un public de plus en plus nombreux est familier », explique le cinéaste à 20 Minutes.

Des superhéros et des dieux

C’est enfant, en Inde, que le réalisateur a commencé à se passionner pour ce type de récits. « Les superhéros sont profondément cinématographiques car ils viennent de l’art des comics où tout s’exprime par le dessin, insiste M. Night Shyamalan. Lire ces ouvrages quand j’étais petit m’a donné le goût de l’image. » Glass, fable intimiste, insiste sur l’aspect mystique du récit bien plus que sur l’action pure. « En Inde, il existe des bandes dessinées d’aventure mettant en scène des dieux, raconte-t-il. Mes influences viennent aussi de là. »

Spidey forever

Avant de créer ses propres superhéros, M. Night Shyamalan avait un favori : Spider-man. « Tout le monde peut se sentir comme Spidey car il suffit d’une piqûre d’araignée pour devenir comme lui !, précise-t-il. Ma mère m’avait cousu le costume le plus moche du monde, mais je m’y croyais ! » Glass brode autour de ce besoin d’identification qui, selon le réalisateur, explique la popularité mondiale de ces histoires. « En s’imaginant dans leur peau, on se dit qu’on a un pouvoir sur le monde et c’est rassurant, précise-il. Voilà pourquoi dans Glass, je montre les superhéros comme des divinités modernes. »

Dans la chambre de Night

Pour autant le cinéaste n’a pas choisi de redonner vie aux personnages qu’il a aimés quand il était gamin. « Mes héros sont des archétypes qui rendent hommage aux comics en général », insiste-t-il. Le génie du crime en fauteuil roulant, la créature incapable de contrôler ses pulsions et le redresseur de torts malgré lui ont quelque chose de familier. Le spectateur n’est pas dépaysé par Glass. Il a l’impression excitante d’être invité à jouer dans la chambre d’un bambin surdoué.