VIDEO. «L'Heure de la sortie»: Laurent Lafitte pris au piège par ses élèves, adolescents inquiétants

THRILLER Sébastien Marnier fait monter l’angoisse de Laurent Lafitte dans « L’Heure de la sortie », en salle le 9 janvier…

Caroline Vié

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Adèle Castillon, Laurent Lafitte, Luàna Bajrami, Matteo Perez, et Thomas Guy dans L'heure de la sortie de Sébastien Marnier
Adèle Castillon, Laurent Lafitte, Luàna Bajrami, Matteo Perez, et Thomas Guy dans L'heure de la sortie de Sébastien Marnier — Laurent Champoussin/Haut et Court
  • Laurent Lafitte incarne un enseignant dont les élèves sont inquiétants dans « L’heure de la sortie ».
  • Le réalisateur de « Irréprochable » fait monter la tension autour d’étranges rituels.
  • Cette fable écologique mâtinée d'angoisse témoigne de la vigueur du cinéma de genre français.

Le cinéma de genre français se porte bien et démontre sa bonne santé avec L’Heure de la sortie de Sébastien Marnier. Le réalisateur d’Irréprochable fait monter la pression autour d’un professeur envoyé pour prendre soin d’une classe de 3e surdouée dont l’un des enseignants vient de se suicider.

« Mon personnage plonge dans un monde inquiétant sans être capable de prendre toute de suite la mesure de ce qu’il découvre », explique Laurent Lafitte à 20 Minutes. Le comédien livre une performance subtile dans la peau d’un pédagogue sûr de lui, se laissant emporter dans les jeux de ses élèves. Le spectateur amoureux de thrillers paranoïaques pense au Village des damnés, à Graine de violence ou au Ruban blanc devant ce suspense envoûtant.

La position de Laurent Lafitte

« J’aime le cinéma de genre, explique Sébastien Marnier, car il permet de bénéficier d’une grande liberté pour raconter les histoires. » Comme le héros, le spectateur ne sait pas quel est le but de gamins se livrant à d’étranges rituels filmés. « Je place le public dans la position du personnage de Laurent, insiste-t-il. J’aimerais qu’il soit d’abord intrigué, puis inquiet comme lui. » Les jeunes comédiens, remarquablement saisis à un âge charnière, communiquent une impression de malaise progressif jusqu’à un dénouement qui fait basculer le récit de façon radicale.

Une atmosphère moite

« L’univers de mon personnage va bientôt se résumer à ce que lui font partager ses élèves, précise Laurent Lafitte. Il se laisse enfermer dans un piège sans même comprendre qu’il est manipulé. » Cette impression d’incarcération est d’autant plus forte que l’action se déroule au cours d’un printemps gorgé de soleil dont l’atmosphère moite écrase les protagonistes. Adultes (joués notamment par Pascal Greggory, Gringe et Emmanuelle Bercot) souffrent de la météo comme de leurs pulsions.

Etonnant et dérangeant

Ce n’est que dans les dernières images - terribles - de cette fable écologique que le sens de L’heure de la sortie apparaît. Avant, le réalisateur ne fait qu’effleurer les nerfs du spectateur comme l’archer sur un violon mal accordé. « Mes personnages sont en réaction face à l’état d’un monde dont ils ne peuvent que constater le désordre », dit-il. Son film surprend constamment et dérange durablement. L’horreur a laquelle il nous confronte est de celle qu’on n’oublie pas de sitôt.