VIDEO. «Border»: Une histoire d'amour et de sexe à la limite de l'angoisse et du raisonnable

FANTASTIQUE « Border », en salles le 9 janvier, est à réserver à un public avide de sensations fortes. « 20 Minutes » explique pourquoi…

Caroline Vié

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 Eero Milonoff et Eva Melander dans «Border» de Ali Abbasi
Eero Milonoff et Eva Melander dans «Border» de Ali Abbasi — Metropolitan Filmexport
  • L’histoire d’amour d’une douanière au physique disgracieux est au centre de « Border ».
  • Elle découvre sa vraie nature au fil de ce conte, ode à la tolérance, récompensé à Cannes.
  • Adaptant une nouvelle de l’auteur de « Laisse-moi entrer », le cinéaste signe un film fascinant.

Quand le cinéma d’horreur dérange, il conquiert les grands festivals. Après Grave de Julie Ducourneau présenté à la Semaine de la critique en 2016, c’est Border d’Ali Abbasi qui a traumatisé les festivaliers cette année avant de remporter le prix de la sélection Un certain regard en 2018.

L’histoire d’amour entre une douanière à l’instinct hors du commun et un étrange voyageur séduit et dérange à parts égales. Il s’agit d’une œuvre forte, ode à la tolérance certes, mais à réserver à un public averti tant ce film du réalisateur d’origine iranienne de Shelley (2016) peut se révéler perturbant. La preuve ?

Les héros sont des monstres

Ali Abbasi adapte ici une nouvelle de John Ajvide Lindqvist, auteur de Laisse-moi entrer. Après s’être intéressé aux vampires dans ce best-seller porté à l’écran sous le titre Morse, il étudie cette fois une légende nordique dont il serait dommage de révéler la nature.

Les héros sont peu communs

Peu communs ? C’est même le moins qu’on puisse dire ! A l’aide de prothèses et autres maquillages, Eero Milinoff et Eva Melander se sont fait des physiques que l’on qualifiera pudiquement de disgracieux, voire primitifs. De véritables looks de néandertaliens, ce qui ne les empêche pas d’éprouver des sentiments réciproques.

Les héros aiment (un peu trop) les animaux

Eh oui, crachons le morceau : les protagonistes ne sont pas vraiment humains. Et c’est ce qui fait leur charme même si cela les rend aussi un brin inquiétants. Il faut accepter de les voir (surtout elle) accepter leur identité sauvage avant de s’épanouir loin des codes de l’humanité classique…

Les héros sont des cochons

Ils s’aiment au point de faire l’amour le temps d’une scène aussi belle que troublante. « Leur pratique sexuelle ne pouvait pas être celle des êtres humains », déclare le réalisateur. Cette séquence fascinante et crue parvient à ne pas être vulgaire pour autant. Peut-être parce qu’il s’en dégage une forme de tendresse.

Les héros ne crachent pas dans leurs vers

Oui, ils mangent des vers de terre, ce qui a le don de faire passer quelques frissons de dégoût dans le dos des spectateurs. Leurs grognements, borborygmes et manifestations bestiales mettent souvent mal à l’aise. Une façon pour Ali Abbasi de faire réfléchir sur la notion d’humanité. Partagerez-vous le fruit défendu de sa réflexion en allant découvrir ces amants hors du commun ?

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Still awestruck from this Swedish gem #borderfilm

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