VIDEO. «Asako I&II»: Hamaguchi pris entre l'amour et le hasard, le chat et la souris

LOVE STORY Avec « Asako I&II », en salle le 2 décembre, le cinéaste japonais Ryusuke Hamaguchi continue à explorer la carte des sentiments dans une fable universelle…

Caroline Vié

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Erika Karata et Masahiro Higashide dan Asako I&II de Ryusuke Hamaguchi
Erika Karata et Masahiro Higashide dan Asako I&II de Ryusuke Hamaguchi — ArtHouse
  • Après « Senses », Ryusuke Hamaguchi continue à étudier les sentiments amoureux dans « Asako I & II ».
  • Une jeune femme y file le parfait amour avec le sosie de son premier amant disparu.
  • On pense à Eric Rohmer et à John Cassavetes devant cette histoire sensible.

Il a l’amour du jeu chevillé au corps, Ryusuke Hamaguchi. Après avoir brodé sur la disparition d’une jeune femme dans le film fleuve (ou mini-série ?) Senses dont l’intégrale vient de sortir en vidéo chez Arte, voici  Asako I&II, le nouveau film du cinéaste japonais, présenté en compétition cette année à Cannes, raconte cette fois la disparition d’un garçon. Sur un mode ludique qui mêle les jeux de l’amour et du hasard, du cache-cache et du chat et de la souris…

L’héroïne, traumatisée parce que son premier amour s’est évaporé du jour au lendemain, s’éprend d’un autre jeune homme qui ressemble trait pour trait au disparu. Ce n’est pas étonnant car ils sont tous deux incarnés par Masahiro Higashide.

Entre Rohmer et Cassavetes

« Ces deux garçons sont semblables physiquement mais très différents dans leurs comportements », explique Hamaguchi dans le dossier de presse. Le réalisateur quadragénaire ne cache pas s’être laissé largement influencer par de grands cinéastes comme Eric Rohmer ou John Cassavetes par la façon dont il scrute la vie sentimentale des héros. La belle Erika Karata ne sait plus où donner du cœur et le spectateur se laisse emporter. La double histoire d’amour vibre doucement.

N’importe où

Cette exploration de la Carte du Tendre s’éloigne des canons du cinéma japonais actuel pour trouver un ton tout en délicatesse. La valse-hésitation d’une femme déchirée entre deux prétendants, entre le passé et le présent, n’a rien de profondément nippon. C’est avant tout son portrait à elle que brosse le cinéaste et par-là même l’état des lieux d’une jeunesse déboussolée. Ce que que raconte Ryusuke Hamaguchi pourrait se passer n’importe tout dans le monde, tant les sentiments et les attitudes qu’il décrit sont universelles.