VIDEO. «L'Homme fidèle»: Pourquoi le film de Louis Garrel est un conte de Noël

FRIANDISE Est-ce un polar, une comédie, un marivaudage ? A moins que « L’Homme fidèle », avec Laetitia Casta et Lily-Rose Depp, soit un conte de Noël avec cette sortie un 26 décembre…

Stéphane Leblanc

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Louis Garrel et Laetitia Casta dans L'Homme fidèle
Louis Garrel et Laetitia Casta dans L'Homme fidèle — S.BESSON / WHY NOT PRODUCTIONS

« C’est un conte, une fable, une comédie romantique en rectangle… » C’est en ces termes que Louis Garrel parle à 20 Minutes de son deuxième long-métrage en tant que réalisateur, L’Homme fidèle.

Cet homme ressemble sans doute un peu à l'acteur et réalisateur puisque c’est lui qui l’incarne, jeune type largué dix ans plus tôt par son amoureuse de l’époque (Laetitia Casta, son épouse dans la vraie vie). Son personnage la retrouve une fois devenue veuve. Mais Lily-Rose Depp, qui l’aime depuis toujours, entend bien se l’approprier… Ajoutez à cette fantaisie romantique, du suspens et du burlesque, quelques clins d’œil cinématographiques et vous obtiendrez le cadeau de Noël idéal pour une sortie un 26 décembre.

La surprise du mélange des genres

L'Homme fidèle est un film plein de fausses pistes et de rebondissements. Une sorte de bonbon acidulé truffé de piment, un film où il est question d’humour, d’amour, de mort et même d’accusation de meurtre. Un film tour à tour léger, grave, vif et joyeux… « Oui, ça commence de manière très confortable, confirme Louis Garrel. On se dit bon c’est un film français, une comédie dramatique, mais tout de suite, on a voulu déjouer les attentes comme dans une partie d’échec. J’ai écrit le film avec Jean-Claude Carrière, le scénariste de Bunuel et de Pierre Etaix, quelqu’un qui éprouve un vrai plaisir à faire rire. Il dit toujours « on va plus au fond des choses quand on arrive à faire rire, on ouvre une porte ». »

La magie du casting de rêve

Louis Garrel s’est bien entouré et son personnage de Pierrot lunaire également. Sa propre épouse Laetitia Casta joue son ex-petite amie que son personnage retrouve une fois devenue veuve. Et c’est Lily-Rose Depp qui joue la jeune fille qui vient perturber leurs retrouvailles. La belle idée d’avoir choisi la It-girl pour jouer les trouble-fêtes ! Ce devait être un sacré plaisir de se retrouver entre les mains de ces deux femmes-là. « C’est un plaisir d’être dans les mains d’une femme, d’être son jouet, et en même temps c’est sa force. Il peut paraître comme un personnage un peu soumis, ou manipulé, mais c'est surtout quelqu’un qui n’a pas de rancune, qui ne se plaint pas, qui est fataliste... Ça a été un des titres possibles du film: Le Fataliste… »

La familiarité du prénom récurrent

Comme dans Les Deux amis, son précédent film, le double fictif de Louis Garrel s’appelle Abel. « C’est pour imiter Arnaud Desplechin qui reprend le nom de ses personnages de film en film », explique-t-il sans faire référence à Truffaut dont le personnage d’ Antoine Doinel était également toujours incarné par Jean-Pierre Léaud. « J’aime bien avoir comme des personnages qui prennent des masques différents. Je me dis tiens, on va ressortir Abel. Dans Les Deux amis, Abel était un peu cynique, désabusé, un peu colérique. Et là il est beaucoup plus doux, plus résigné. C’est comme les enfants qui prennent des masques. Là il aurait pris un masque de soumission. Ou de fidélité et ça j’aime bien : il est fidèle à Marianne et le reste même quand elle lui demande d’aller coucher avec une autre femme. Il est fidèle à ses désirs. »

Les cadeaux en forme de clins d’œil cinéphiliques

Louis Garrel est un ardent cinéphile, tendance art et essais. Et les clins d’œil ne manquent pas. La patte de Jean-Claude Carrière sur le script donne au film un côté bunuélien, pour l’anticonformisme des répliques et des situations. Le triangle amoureux rappelle celui de Domicile conjugal de Truffaut. On a aussi une pensée particulière pour La Maman et la putain et pour Le Père Noël a les yeux bleus de Jean Eustache en cette période de Noël. Comme Louis Garrel pendant l'interview, on s’étonnerait presque de voir Laetitia Casta prénommée Marianne, comme le rôle qu’elle tenait au théâtre dans l’adaptation de Scènes de la vie conjugale de Bergman. « Sauf que chez le réalisateur suédois, c’est un duo, nuance Louis Garrel. Alors que dans L’Homme fidèle, ils sont trois, voire quatre avec l’enfant : c’est un rectangle. Pour mon prochain film, j’essaierai bien le pentagone amoureux… »