VIDEO. «Maya»: Comment l'amour panse les plaies d'un reporter de guerre

DRAME En salle le 19 décembre, «Maya» de Mia Hansen-Løve, brosse le portrait tout en délicatesse d'un reporter de guerre qui se reconstruit grâce à l'amour...  

Caroline Vié

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Roman Kolinka et Aarshi Banerjee dans Maya de Mia Hansen-Løve
Roman Kolinka et Aarshi Banerjee dans Maya de Mia Hansen-Løve — Les films du Losange
  • « Maya » raconte l’histoire d’amour d’un reporter de guerre et d’une jeune Indienne.
  • Mia Hansen-Løve, la réalisatrice de « L’Avenir », tisse un film romanesque où l’ancien otage traumatisé par ses épreuves retrouve goût à la vie grâce à la jeune femme.
  • Elle y parvient en faisant preuve de tact et d'une délicatesse qui est aussi sa marque de fabrique.

Quel beau film que Maya de Mia Hansen-Løve ! La réalisatrice d’Eden et L'Avenir offre de nouveau un rôle délicat à Roman Kolinka en reporter de guerre tout juste revenu de Syrie où il avait été retenu en otage.

Son lent retour à la vie à l’occasion d’un voyage en Inde et sa passion pour une jeune Indienne (Aarshi Banerjee, lumineuse) envoûtent doucement. « Il y a chez les grands reporters un goût pour l’aventure et le mouvement qui me fascine », explique la cinéaste dans le dossier de presse. Mia Hansen-Løve parvient à capturer cette énergie tout en livrant une histoire d’amour délicate.

La reconstruction d’un homme blessé

La réalisatrice s’est librement inspirée de son grand-père qui fut reporter et qu’elle n’a pas connu pour composer le personnage de son héros. « Ma mère et ma grand-mère le décrivaient comme un homme très séduisant, confie-t-elle. La part romanesque et héroïque de son métier m’attirait. » Contrairement à des œuvres récentes comme Les Filles du soleil d’Eva Husson ou The Last Facede Sean Penn, cette chronique n’entre pas dans les détails du conflit, mais insiste sur la reconstruction de son héros. Si Mia Hansen-Løve balaye les horreurs passées, c'est pour dégager de l'espace dans l'intimité du jeune homme.

L’amour salvateur

Ce dernier met longtemps à se laisser séduire, par peur de s'engager et de blesser celle qui l'attire parce qu'elle est en train de lui sauver la vie. « Cet élan retrouvé est celui qui lui permettra de repartir », insiste la cinéaste. Loin de films guerriers et brutaux, Maya, bulle d’optimisme au milieu du chaos, redonne foi en l’espèce humaine, au delà de tous les stéréotypes, de toutes les différences.