VIDEO. Vincent Cassel: «Mon Vidocq ne trouve jamais sa place car il ne rentre dans aucune case»

INTERVIEW L’acteur explique à « 20 Minutes » qui est «son» Vidocq, le personnage qu’il incarne dans « L’Empereur de Paris », en salle le 19 décembre…

Caroline Vié

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Vincent Cassel dans L'Empereur de Paris de Jean-François Richet
Vincent Cassel dans L'Empereur de Paris de Jean-François Richet — Roger Arpajou/Gaumont
  • Vincent Cassel incarne Vidocq, ancien bagnard devenu policier.
  • « L’Empereur de Paris » le montre réaliste et brutal.
  • Le comédien a chorégraphié lui-même ses scènes de bagarre.

« Je trouve normal qu’on ait pensé au duo de Mesrine pour raconter l’histoire de Vidocq, explique Vincent Cassel à 20 Minutes. Il y a quelque chose d’organique dans la façon dont nous travaillons ensemble, qui correspond bien à ces deux personnages sauvages. » C’est ainsi que l’acteur retrouve le réalisateur Jean-François Richet dans L'Empereur de Paris.

On y découvre un ex-bagnard qui s’est mis au service de la police, louvoyant entre un flic obtus (Denis Ménochet), un chef opportuniste (Patrick Chesnais), une belle voleuse (Olga Kurylenko) et un bandit redoutable ( August Diehl). « Vidocq fait partie de ces figures de la culture populaire qu’on n’a pas besoin de noircir pour les rendre fascinantes », insiste Vincent Cassel, qui expose à 20 Minutes les traits de « son » Vidocq.

Flic et voyou

Dans la période troublée de l’après Révolution française, François-Eugène Vidocq ne peut pas se permettre de prendre des gants s’il veut survivre. « Mon Vidocq ne trouve jamais sa place car il ne rentre dans aucune case », explique Vincent Cassel. Méprisé d’un côté par une bonne partie des forces de l’ordre et haï de l’autre par des brigands qui le prennent pour un traître, l’apprenti policier use de sa parfaite connaissance du milieu pour réussir bon nombre d’arrestations. « Il a créé la police infiltrée et ça lui a permis de sauver sa peau, insiste l’acteur. Les flics actuels doivent encore beaucoup à Vidocq. »

Martial et romantique

Les scènes de combats, particulièrement violentes, distinguent aussi le Vidocq de Vincent Cassel de ces prédécesseurs. « Pour la première fois de ma carrière, j’ai chorégraphié mes propres scènes de bagarres en m’inspirant du Systema, un art martial russe très sec, brutal et jamais utilisé au cinéma », raconte Vincent Cassel. Le résultat est étonnant - et douloureux - quand Vidocq en découd avec ses ennemis. « Jean-François Richet et moi étions d’accord pour le rendre plus réaliste que dans ses précédentes aventures », précise l’acteur. Cela ne l’empêche pas de garder un côté romantique grâce à une jolie complice jouée par Freya Mayor.

Une leçon de comédie

S’il domine L’Empereur de Paris, Vincent Cassel a laissé de la place pour d’autres comédiens. « Vidocq ne peut exister que parce qu’il trouve des adversaires à sa taille », insiste-t-il. Son face-à-face avec Fabrice Luchini dans la peau du politicien Fouché est un régal. « Voir Fabrice travailler m’a ravi, reconnaît Cassel. J’ai eu l’impression de prendre une leçon de comédie. » Le spectateur partage leur plaisir à tous deux et à d’autres, tout au long de cette fresque riche en péripéties.