VIDEO. «The Bookshop»: «Le papier procure des sensations uniques» estime Isabel Coixet

DRAME La réalisatrice Isabel Coixet explique à « 20 Minutes » en quoi « The Bookshop », en salle le 19 décembre, défend l'existence d'un objet un peu passé de mode, le livre… 

Caroline Vié

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Emily Mortimer dans The Bookshop d'Isabel Coixet
Emily Mortimer dans The Bookshop d'Isabel Coixet — Lisbeth Salas/Septième Factory
  • Isabel Coixet décrit la vie d’une veuve tentant d’ouvrir une librairie dans son village à la fin des années 1950.
  • Emily Mortimer incarne cette femme courageuse confrontée à la haine d’une riche villageoise incarnée par Patricia Clarkson.
  • Cette chronique tendre et cruelle est une déclaration d'amour aux livres et à ceux qui les font aimer.

Isabel Coixet invite le spectateur à feuilleter un film à la fois tendre et cruel, The Bookshop un film qui se regarde comme on lit un livre. La réalisatrice a confié à l’actrice  Emily Mortimer le rôle d’une veuve tentant d’ouvrir une librairie dans un village anglais à la fin des années 1950.  Patricia Clarkson, délicieusement odieuse, a beau mettre des bâtons dans les stores de sa vitrine, notre libraire trouve un appui non négligeable en la personne d’un ermite cultivé joué par Bill Nighy

« J’ai eu envie de faire ce film pour célébrer les livres et les libraires », confie la cinéaste catalane, qui a reçu trois Goya (l’équivalent des César en Espagne) et un prix à Dinard pour cette adaptation d’un roman de la Britannique  Penelope FiztgeraldIsabel Coixet explique à 20 Minutes en quoi cette histoire du passé la touche encore aujourd’hui.

La sensualité du papier

« Les livres ne sont plus à la mode, regrette la réalisatrice. Les liseuses les remplacent de plus en plus, c’est bien dommage. » Isabel Coixet insiste pour montrer la libraire du film sympathiser avec ses clients en leur envoyant des ouvrages ou en leur faisant la promotion du sulfureux Lolita de Vladimir Nabokov. « La sensualité du papier procure des sensations uniques, insiste Isabel Coixet. S’envoyer des textes par internet est moins sexy que de se passer des ouvrages sous le manteau. »

Le pouvoir de la lecture

La librairie est aussi un lieu de rencontres où l’héroïne ouvre à la culture une gamine éveillée que son milieu défavorisé éloigne des livres. « Tenir les gens dans l’ignorance est une bonne façon de les asservir, martèle Isabel Coixet. Quelqu’un de cultivé est moins manipulable et c’est pour cela que des riches souhaitent détruire la librairie. » Les trésors que renferme la boutique permettent à l’enfant de s’évader de son quotidien et de fomenter sa future révolte contre sa condition et les ennemis de la jeune veuve.

La lecture encore et toujours

« Je trouve l’histoire de The Bookstore intemporelle car il y aura toujours des gens pour essayer de se cultiver et d’autres pour tenter de les en empêcher », insiste Isabel Coixet. Son bonbon acidulé aux saveurs de gourmandise anglaise contient juste ce qu’il faut de sucre et d’amertume pour séduire le spectateur. Ce portrait d’une femme courageuse pourrait se dérouler n’importe où, à n’importe quelle époque y compris de nos jours, mais il possède le charme suranné d’une tragicomédie british en costume qui fleure bon le vieux papier et l’amour des vrais livres.