VIDEO. «Utøya, 22 juillet »: «Les jeunes ne comprenaient pas ce qui se passait sur l'île», souligne Erik Poppe

DRAME Le réalisateur Erik Poppe adopte le point de vue des jeunes victimes d'Anders Breivik dans « Utøya, 22 juillet », en salles le 12 décembre… Il explique à « 20 Minutes » pourquoi...

Caroline Vié

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Andrea Berntzen dans « Utøya, 22 juillet » d'Erik Poppe
Andrea Berntzen dans « Utøya, 22 juillet » d'Erik Poppe — Agnete Brun/Potemkine Films
  • « Utøya, 22 juillet » revient sur l’horreur du massacre qui s’est déroulé sur cette île norvégienne en 2011.
  • Le réalisateur Erik Poppe a choisi d’adopter le point de vue des victimes et de tourner son film en un seul plan séquence.
  • Il a reçu le soutien des survivants et des proches des victimes.

Le 22 juillet 2011, sur l’île d’Utøya, un homme ouvrait le feu sur des jeunes militants de la Ligue des jeunes travaillistes, principal parti de gauche de Norvège. 

Bande Annonce UTØYA 22 JUILLET from POTEMKINE FILMS on Vimeo.

Utøya, 22 juillet revient sur ce drame qui a coûté la vie à 69 personnes, en adoptant le point de vue des victimes du terroriste et en livrant un suspense d’autant plus puissant qu’il est fondé sur la réalité.

« Comme tous les Norvégiens, j’ai été traumatisé par les attentats commis par Anders Breivik que ce soit au Parlement ou à Utøya, confie le cinéaste Erik Poppe à 20 Minutes. Ce n’est pourtant pas le terroriste lui-même qui m’intéressait : je pensais surtout à ses victimes. » Le réalisateur laisse de côté le ton décalé de Refroidis qu’il a produit, pour raconter le calvaire sur l’île d’une jeune militante et de ses camarades. « Le choix de réaliser le film en un seul plan-séquence s’est tout de suite imposé à moi pour partager sa peur », reconnaît-il.

La confiance des survivants

« On a déjà beaucoup entendu le coupable et pas assez pensé à ceux, morts ou survivants, qui ont croisé sa route », insiste le cinéaste qui a donc préféré montrer ce qu’ont vécu ces jeunes gens confrontés à la peur. « J’ai rencontré des survivants qui ont placé leur confiance en moi, explique-t-il. Je n’aurais jamais fait le film sans leur collaboration. » C’est en se fondant sur leurs témoignages qu’il a reconstitué les faits, reproduisant minutieusement la façon dont ils se sont déroulés.

De retour sur l’île

« Je ne montre jamais Breivik que comme une menace pouvant surgir de n’importe où, insiste Erik Poppe. L’horreur que représente le terrorisme n’a pas de visage. » Le film insiste sur le chaos qui règne sur l’île où l’homme, déguisé en policier, poursuit son périple macabre. « Les jeunes ne comprenaient pas ce qui se passait, si ce n’est qu’ils couraient un danger mortel. » C’est le cas de son héroïne fictive, composite de plusieurs adolescents qui sont venus le conseiller pendant le tournage sur l’île. « Ils ont été très courageux d’accepter de revivre tout cela, reconnaît le cinéaste. Ils estimaient que c’était une façon de rendre hommage à leurs camarades disparus. »

Le respect avant tout

Erik Poppe a aussi obtenu l’accord des proches des victimes décédées. « Tous ont été très généreux en comprenant que j’agissais avec un respect total pour leur chagrin », précise-t-il. Utøya, 22 juillet immerge le spectateur dans un cauchemar intense, éprouvant pour les nerfs et dont on met longtemps à se remettre. « J’aimerais juste donner à réfléchir sur cette violence qu’aucune idéologie ne peut justifier », confirme le cinéaste.