VIDEO. «Leto»: Et si le plus rock'n'roll des biopics rock était russe?

MUSIQUE « 20 Minutes » explique pourquoi « Leto », en salle le 5 décembre, est le plus excitant de tous les biopics rock vus ces derniers temps…

Caroline Vié

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Leto de Kirill Serebrennikov
Leto de Kirill Serebrennikov — Kinovista/Bac Films
  • « Leto » fait revivre la scène rock dans la Russie des années 1980.
  • Kirill Serebrennikov, assigné à résidence, n’a pas pu venir présenter son film à Cannes.
  • Il fait pourtant souffler un vent de liberté sur son film.

Les vrais rebelles se moquent des récompenses. Qu’importe, donc, si Leto est rentré bredouille du Festival de Cannes. Au moins le film est-il parvenu à faire danser la Croisette en l’absence de son réalisateur Kirill Serebrennikov, assigné à résidence à Moscou après avoir été arrêté à la fin du tournage d’un biopic rock qui envoie du lourd. Un film de rebelle, on vous dit.

Dès le début, le spectateur est emporté par le souffle de Kino, l’un des groupes rock les plus important en Russie au début des années 1980 et par la vie de jeunes gens plus passionnés de musique que de communisme à la Brejnev. « Mon film est une histoire de rock’n’roll dans un climat totalement hostile à la musique rock et aux influences occidentales », précise le réalisateur du Disciple dans le dossier de presse. A l’heure où Bohemian Rhapsody caracole aux sommets du box-office français, on ne saurait trop conseiller de découvrir ce biopic tonique et rageur. 20 Minutes explique pourquoi.

Parce qu’on y partage les saveurs d’un été

Kirill Serebrennikov s’est concentré sur un été (« Leto » en russe). La chaleur et les corps dénudés ajoutent au bonheur du spectateur emporté par un vent de joie, de musique et de sensualité. Si tout cela ne peut être que fugace, sans aucune possibilité de pérennité, on se sent privilégié de partager ces moments volés.

Parce qu’on y fait des découvertes

Pour la majorité du public hors Russie, les musiciens que présente Leto sont totalement inconnus. C’est donc un plaisir de chaque instant que de les suivre quand ils contournent les diktats bureaucratiques pour créer leurs chansons. Tout autant que rock, c’est un petit air punk que font passer ces jeunes gens fans d’Iggy Pop, Lou Reed ou David Bowie.

Parce qu’on y réinvente la réalité

Les plus belles scènes du film sont des passages musicaux où tout le monde chante et danse avec les héros. Une interprétation épatante de Psychokiller de Talking Heads dans un bus donne envie de sauter de son fauteuil pour se joindre aux protagonistes à l’écran. Si « tout cela n’est jamais vraiment arrivé », comme le précise ironiquement un carton à la fin de chaque numéro, ça aurait pu se faire et on préfère de beaucoup cette fiction à la réalité.

Parce que le réalisateur à la niaque

Est-ce le fait d’avoir terminé le montage de son film alors qu’il était enfermé chez lui ? Kirill Serebrennikov donne une énergie communicative au cri de révolte de ses héros. Sans haine ni violence, il fait passer son message en musique, lézardant les murs de sa geôle pour donner à entendre et à voir, tout en faisant un admirable pied de nez aux autorités. Et à toute forme d’autorité.