VIDEO. Gaspard Ulliel: «Nous nous sentions en danger sur le tournage des "Confins du monde"»

GUERRE Gaspard Ulliel rapporte à « 20 Minutes » son expérience dans la jungle vietnamienne pour « Les Confins du monde » de Guillaume Nicloux, en salle le 5 décembre…

Caroline Vié

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Gaspard Ulliel dans Les confins du monde de Guillaume Nicloux
Gaspard Ulliel dans Les confins du monde de Guillaume Nicloux — Ad Vitam
  • « Les confins du monde » met en scène Gaspard Ulliel en soldat à demi-fou dans l’Indochine de 1945.
  • Guillaume Nicloux a immergé son acteur et son équipe dans la jungle.
  • Le comédien se dit emballé par cette méthode de travail, au point d’être amené à retrouver le réalisateur pour une série télévisée.

Guillaume Nicloux n’a pas ménagé ses acteurs sur Les Confins du monde , film de guerre découvert à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes. Il les a emmenés dans la jungle vietnamienne pour leur faire vivre une expérience immersive.

Gaspard Ulliel y incarne un soldat français résolu à venger son frère tué en Indochine en 1945. Pour ce faire, il se rapproche d’un compagnon d’armes ( Guillaume Gouix), d’un écrivain ( Gérard Depardieu) et d’une prostituée ( Lang Khê-Tran). « Nous nous sentions en danger pendant le tournage des Confins du monde », explique l’acteur à 20 Minutes.

Déconcertant mais exaltant

« Nous étions confrontés de manières directe et brutale à la jungle. Mais la démarche était à l’inverse du colonialisme, insiste Gaspard Ulliel : nous devions nous plier à notre entourage ce qui nous a rendus humbles. » Morsures de serpents, sangsues, amputations, charniers croisés par les personnages ne sont pas cachés au public. « Guillaume réajustait quotidiennement les choses pour nous surprendre constamment, se souvient le comédien. Pour moi qui aime arriver préparé, c’était déconcertant comme méthode de travail. J’ai fini par trouver ça exaltant dès lors que je me suis laissé aller. »

Gare à la chenille

La vie des jeunes gens confrontés à un conflit qui les dépasse est parfaitement rendue dans cette fresque poisseuse. La menace qu’un ennemi invisible fait peser sur les héros rappelle La 317e Section (1965) de Pierre Schoendoerffer. On pense aussi, plus généralement, au cinéma de  Werner Herzog . « Pour les acteurs, c’était sans doute un plus d’être ainsi plongés dans un univers aussi différents du nôtre, mais cela n’a pas dû faciliter la vie des techniciens », plaisante Gaspard Ulliel. Tous devaient se montrer très prudents avec la faune locale, notamment une petite chenille à la piqûre particulièrement redoutable.

L’essayer c’est l’adopter

« Guillaume Nicloux s’attache à mêler expérience humaine et expérience de cinéma, même quand il tourne dans un appartement. Mais dans la jungle, tout cela est exacerbé », souligne Gaspard Ulliel, visiblement convaincu par la méthode puisqu’il a retourné avec le réalisateur depuis la série Il était une seconde fois, qui sera diffusée cet hiver sur Arte. Avant de découvrir leur travail sur petit écran, Les Confins du monde montre déjà qu’ils sont capables de faire de fort belles choses sur le grand.