VIDEO. «Marche ou crève»: Comment Jeanne Cohendy et Diane Roussel sont devenues les soeurs les plus touchantes qui soient

RENCONTRE Pas facile de jouer deux sœurs dont l’une est handicapée mentale, c’est pourtant le défi relevé haut la main par Diane Rouxel et Jeanne Cohendy dans « Marche ou crève », au cinéma le 5 décembre…

Caroline Vié

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Diane Rouxel et Jeanne Cohendy dans Marche ou crève de Margaux Bonhomme
Diane Rouxel et Jeanne Cohendy dans Marche ou crève de Margaux Bonhomme — Nour Films
  • Margaux Bonhomme s’est inspirée de sa propre histoire pour écrire « Marche ou crève ».
  • La réalisatrice a confié à Diane Rouxel un rôle proche d’elle et à Jeanne Cohendy celui de sa sœur handicapée mentale.
  • Les deux comédiennes ont travaillé très étroitement leurs prestations récompensées au festival de Saint-Jean-de-Luz.

Margaux Bonhomme a « puisé dans ses souvenirs comme dans un gros gâteau » pour écrire et réaliser Marche ou crève. Elle a confié le rôle d’Elisa, une jeune femme qui lui ressemble à Diane Rouxel et celui de Manon, sa sœur handicapée mentale à Jeanne Cohendy.

Les rapports fusionnels entre les deux frangines et leur père, joué par Cédric Kahn, ont bouleversé le jury du festival de Saint-Jean-de-Luz, qui a récompensé les deux comédiennes.

Ensemble, c’est tout

Ces dernières ont composé leurs rôles ensemble pour parvenir à une interprétation si brillante qu’on se prend à composer le nom de Jeanne Cohendy sur un moteur de recherche pour savoir si l’actrice n’est pas vraiment handicapée. « C’est le plus beau compliment qu’on puisse me faire, avoue cette dernière à 20 Minutes. J’avais constamment peur d’en faire trop, de ne pas être à la hauteur de mon personnage. »

Un amour encombrant

Quand bien des adolescentes envisagent de quitter leur famille, Elisa doit prendre en compte les besoins de sa sœur que leur mère néglige. « Elle l’aime profondément mais elle la trouve encombrante et en vient parfois à la haïr », explique Diane Rouxel. C’est de ce paradoxe que naît la puissance de ce film à la fois très dur et extrêmement lumineux, où chacune doit trouver sa place et préparer l’avenir sans se laisser « bouffer » par l’autre. Malgré les difficultés, leur amour réciproque irradie cette belle histoire.

Coachée pour la gestuelle

« Margaux Bonhomme nous a fait travailler ensemble en amont et ça a fonctionné tout de suite, se souvient Jeanne Cohendy. J’ai pu rencontrer sa sœur au milieu de ses éducateurs et travailler ma gestuelle avec une coach, car c’est cela que j’ai eu le plus de mal à reproduire. » Elisa doit tenter de comprendre les besoins de Manon en toutes circonstances et se plier à ses désirs, ce qui n’est pas toujours évident. « Mon personnage est dans la réaction face à celui de Jeanne », précise Diane Rouxel.

Une bulle de vérité

La complicité entre les deux comédiennes était la condition sine qua non à la réussite du film. « Cela ne devait pas être évident pour Diane car je devais rester constamment dans ma bulle », reconnaît Jeanne Cohendy. Sa partenaire n’a pas l’air de lui tenir rigueur, tant s’en faut. « La composition de Jeanne était si forte qu’il m’arrivait d’oublier qu’elle jouait un rôle, notamment quand elle pousse des cris déchirants. » Le spectateur, lui, est bluffé par tant de justesse. Au point de ressentir leur émotion à fleur de peau.