VIDEO. « La Ballade de Buster Scruggs » : Les frères Coen dégainent leurs six coups sur Netflix

WESTERN « La Ballade de Buster Scruggs », diffusé à partir du vendredi 16 novembre sur Netflix, permet aux frères Coen d’égratigner la légende de l’Amérique…

Caroline Vié
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Tim Blake Nelson dans La Ballade de Buster Scruggs des Frères Dardenne
Tim Blake Nelson dans La Ballade de Buster Scruggs des Frères Dardenne — Netflix
  • Les frères Coene signent « La Ballade de Buster Scruggs », six films courts qui flirtent avec le western, pour Netflix.
  • Leur humour fait mouche quand ils explorent le Far-West en compagnie d’une pléiade de stars.
  • Toutes et tous vivent des aventures cruelles dans cette anthologie de films courts aux images somptueuses, récompensée pour son script à Venise.

Le western, les frères Coen connaissent sur le bout des ongles. Ils l’ont prouvé avec True Grit mais vont encore plus loin avec  La Ballade de Buster Scruggs, diffusé sur Netflix à partir du 16 novembre. A l’origine, c’est une série que le duo devait réaliser pour la chaîne de streaming. Ils ont finalement décidé de livrer un long-métrage composé de six sketches sur le thème de la conquête de l’Ouest.

Ethan et Joel Coen jonglent avec les codes du genre en revenant sur l’histoire de l’Amérique, qui a coûté son pesant de sueur et de sang. « Nous avions envie de créer une anthologie du western en faisant appel aux meilleurs réalisateurs du moment et nous avons eu la chance qu’ils acceptent tous les deux », plaisantent-ils dans le dossier de presse. Voici leur recette du western, revu et corrigé à leur sauce.

Des personnages pittoresques…

Un tueur chanteur, un homme-tronc acteur et un pendu presque increvabla (James Franco) sont les personnages les plus originaux de saynètes dont le scénario a été primé à la Mostra de Venise. Mais des archétypes du western (prospecteur d’or joué par Tom Waits, pionnière courageuse incarnée par Zoe Kazan) prennent une dimension tragicomique quand les frangins les confrontent à la brutalité ambiante.

Qui connaissent la chanson…

Les frères Coen connaissent la musique et savent l’utiliser. On se souvient de la bande-son vitaminée de O'Brother (2000). Là, ils retrouvent Tim Blake Nelson pour lui faire pousser la chansonnette dans le premier segment. Le compositeur Carter Burwell a capturé l’âme du Far-West dans ses partitions.



Qui font des trous (de balle) un peu partout…

La violence est omniprésente dans l’Ouest. Une balle au milieu du front permet de régler bien des problèmes et personne n’est à l’abri. Dans un tweet, Guillermo Del Toro compare le film à un « prodigieux Memento Mori, une série de contes sur l’ultime destination de la vie : la mort. » On ne s’étonnera pas que la violence soit aussi omniprésente dans cette anthologie singulière.



Qui font des blagues…

« C’est votre première fois ? » demande un homme sur le point d’être pendu à un compagnon de gibet. L’humour noir des frères Coen fait sourire jaune aux dépens des voyageurs d’une diligence à la destination funeste ou d’un cow-boy cupide interprété par Liam Neeson. Leur danse macabre renoue avec le ton décalé de Fargo.

Qui voient la vie en grand…

Les histoires ne sont pas de qualité égale mais leur ensemble tient la route (de l’Ouest). Comme s’ils feuilletaient une encyclopédie sur la création de l’Amérique, Ethan et Joel Coen plongent dans un univers aussi sauvage que somptueux. Le petit écran ne limite pas le plaisir éprouvé par le spectateur.