Michelle Yeoh, Henry Golding et Constance Wu dans Crazy Rich Asians de Jon M. Chu
Michelle Yeoh, Henry Golding et Constance Wu dans Crazy Rich Asians de Jon M. Chu — Sanja Bucko/Warner Bros France

COMEDIE

VIDEO «Crazy Rich Asians» lave (un peu) moins blanc, mais ne fait pas disparaître les clichés

Comédie romantique US à succès, « Crazy Rich Asians » (en salle le 7 novembre), combat le « whitewashing » en faisant jouer les Asiatiques du film par des acteurs d’origine asiatiques, mais n’évite pas tous les clichés pour autant…

  • « Crazy Rich Asians » confronte une Américaine d’origine chinoise à la famille richissime de son fiancé lors d’un voyage à Singapour.
  • Le film a remporté plus de 170 millions de dollars aux Etats-Unis, mais la réception du film par la communauté asiatique a été contrastée.

L’Amérique a craqué pour Crazy Rich Asians de Johh M.Chu : cette comédie romantique a rapporté, contre toute attente, plus de 170 millions de dollars, autant que La couleur des sentiments, gros succès évoquant la communauté afro-américaine en 2011. En tirant à fond sur le ressort du choc des cultures, la rencontre d’une jeune Américaine d’origine chinoise avec la famille de son fiancé singapourien – et notamment sa future belle-mère Michelle Yeoh - a fait tordre de rire les Américains.

Le public français sera-t-il aussi sensible à la fantaisie de cette comédie romantique? Peut-être, mais rien n'est moins sûr. Car cette adaptation du best-seller de Kevin Kwan Singapour Millionnairedoit l'essentiel de son succès au fait que tous les personnages asiatiques sont incarnés par des acteurs d’origine asiatique, ce qu’on n’avait pas vu pour un film américain depuis Le Club de la chance de Wayne Wang, sorti en… 1993 !

Une avancée pour les uns

« Ce film est un cas exceptionnel dans une industrie hollywoodienne où le whitewashing [la représentation des minorités ethniques par des acteurs blancs], est trop souvent pratiquée », souligne Frank, un Sino-américain âgé de 30 ans, interrogé par 20 Minutes. Comme lui, son cousin Tony était ravi de voir enfin des Asiatiques jouer leurs rôles à l’écran. « J’espère que cela va créer un précédent, explique-t-il. Comme pour les Afro-américains après le triomphe de Black Panther. »

Trop blanche et trop luxueuse pour les autres

Certains aux Etats-Unis ne partagent pas cet enthousiasme, reprochant à l’acteur Henry Golding (qui joue le riche fiancé), sous le hashtag #BrownAsiansExist, de ne pas être suffisamment typé.

D'autres, en Asie et notamment à Singapour où le film a été tourné en partie, se sont émues des clichés touristiques véhiculés par le film ; le fait par exemple qu’il ne montre que des riches.

« Le film efface les pauvres et les minorités », s’indigne la militante pour la visibilité des Asiatiques Sangeetha Thanapal sur le site Wear Your VoiceCrazy Rich Asians lave peut-être un peu moins blanc, mais ne fait pas disparaître les préjugés pour autant.

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Well, hello @henrygolding 😍 #crazyrichasians

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