Jon Hamm dans Sale temps à l'hôtel El Royale de Drew Goddard
Jon Hamm dans Sale temps à l'hôtel El Royale de Drew Goddard — 20th Century Fox

THRILLER

VIDEO. «Sale temps à l'hôtel El Royale» tire à vue sur l'Amérique de Trump

Polar stylisé en salle le 7 novembre, « Sale Temps à l’hôtel El Royale » a l'art et la manière de s’en prendre à l’Amérique d'aujourd'hui, celle de Donald Trump…

  • Sept clients d’un étrange établissement vivent des aventures violentes et fascinantes.
  • Les personnages de « Sale temps à l’hôtel El Royale » sont emblématiques des Etats-Unis d’aujourd’hui.
  • A travers ce polar nerveux, le réalisateur de « La Cabane dans les bois » brosse un tableau de l’Amérique actuelle.

Sale temps à l’hôtel El Royale est un petit polar fort distrayant, mais il serait réducteur de ne le résumer qu’à cela. Les aventures de sept étrangers au passé chargé débarquant dans un établissement miteux permettent à Drew Goddard d’égratigner l’Amérique de Trump. Des stars comme Jeff Bridges, Jon Hamm, Dakota Johnson et Chris Hemsworth entrent dans son jeu. Le spectateur qui réserve sa chambre avec eux n’aura pas l’occasion de sommeiller.

« Le film peut-être perçu comme un divertissement hommage aux années 1960, explique Drew Goddard dans le dossier de presse, mais on peut aussi s’amuser à lui trouver des concordances avec la réalité. » 20 Minutes souligne en quoi ce film passionnant est d’abord et avant tout une satire de l’Amérique actuelle par le réalisateur de La cabane dans les bois (2012).

Un peu géographie…

L’Hôtel El Royale se situe à cheval entre la Californie (Hollywood) et le Nevada (Las Vegas), une frontière symbolisée par une ligne rouge. La piscine devient de plus en plus profonde quand on nage vers le Nevada. Ces deux villes évoquent le rêve américain mais aussi les sévères désillusions qui peuvent en découler. Celles que connaissent de plus en plus d’Américains depuis l’élection de Donald Trump.

Des femmes qui en ont (de la personnalité)

#Metoo a mis un coup de balai dans les paillettes hollywoodiennes. Brillamment incarnée par la découverte Cynthia Erivo, une chanteuse est en fuite après avoir refusé les avances de son producteur, joué par le réalisateur Xavier Dolan, glaçant. Même topo pour la beauté violente et mystérieuse campée par Dakota Johnson. Ces Américaines d’aujourd’hui ne veulent plus se laisser marcher sur les pieds !

Des hommes qui le sont (peu recommandables)

Et que dire de l’espion à côté de la plaque qu’interprète Jon Hamm ou du prêtre inquiétant campé par l’épatant Jeff Bridges ? Le barbouze largué reconverti en représentant en aspirateurs d’un côté, l’homme de Dieu aux tendances criminelles de l’autre ; ces deux mâles n’ont plus rien de glorieux dans leur façon d’exercer leur fonction. Eux aussi sont symboliques d’une Amérique en pleine déliquescence.

Un gourou qui le fait (très peur)

Quant au gourou incarné par Chris Hemsworth dans un contre-emploi savoureux, son comportement et ses discours grotesques font penser à Donald Trump lui-même. Bien qu’il soit plus agréable à regarder que le locataire la Maison Blanche, il conduit ses disciples trop crédules à leur perte déchaînant les catastrophes sur son passage. Souhaitons que la réalité ne rejoigne pas tout à fait la fiction de ce polar sophistiqué.